Bangui a retenu son souffle ce jeudi 4 juin 2026 lors de l’audience du présumé Gilles Ionel Gouandjika, poursuivi pour injures publiques et diffamation. L’affaire, très suivie par l’opinion, a été marquée par des échanges vifs entre la partie civile et la défense. Le président de la séance a annoncé que le verdict sera rendu le 11 juin prochain, tandis que le procureur a requis une peine d’un an de prison assorti de sursis et 400 000 francs CFA de dommages et intérêts.
Me Marie Edith Douzima, avocate des femmes centrafricaines, s’est dite soulagée que l’affaire ait été retenue et que les faits reprochés soient reconnus. Selon elle, malgré les tentatives de dénégation de l’accusé, les preuves vidéo ont permis de confondre Gouandjika.
« Il a essayé de nier les faits, mais ses propres vidéos l’ont contredit », a-t-elle déclaré. Elle a également insisté sur le caractère exemplaire que doit revêtir la condamnation : « Ce procès doit servir d’exemple, car il n’est pas le seul à injurier et diffamer les femmes. » Pour elle, la procédure a déjà eu un impact positif, en réduisant la fréquence des insultes sur les réseaux sociaux.
De son côté, Me Kévin Junior Zackou Wangui, avocat de Gouandjika, a rappelé que chaque partie joue son rôle dans un procès pénal. Il estime que les charges retenues contre son client sont « presque vides » et a plaidé pour une relaxe pure et simple.
« Ce n’est pas la peine qu’une condamnation soit prononcée dans le vide contre quelqu’un sur qui il n’y a pas eu de charge délictuelle », a-t-il affirmé, tout en soulignant que la décision finale appartient au tribunal.
La tension est palpable à Bangui, où l’opinion publique attend avec impatience le verdict du 11 juin. Pour les femmes centrafricaines, une condamnation exemplaire serait une victoire symbolique contre les violences verbales et la diffamation. Pour la défense, il s’agit de démontrer que les accusations ne reposent pas sur des bases solides.
Ce procès, au-delà du cas Gouandjika, pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les injures publiques et la diffamation en République centrafricaine. Le jugement attendu aura sans doute une portée bien plus large que le seul sort de l’accusé.
Dieu Béni Anderson Kabou

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