Le ministre conseiller en Communication stratégique à la présidence de la République, Jules Njawé a tenu un point de presse le Mardi 16 Décembre 2025 au cours duquel il a alerté sur ce qu’il qualifie de « menaces sérieuses » visant à troubler le processus électoral en République centrafricaine. Dans une déclaration ferme et détaillée, il a dénoncé des manœuvres qu’il estime orchestrées pour jeter le discrédit sur l’Autorité nationale des élections (ANE) et fragiliser la tenue des scrutins prévus dans les prochaines jours.
Dès l’entame de son intervention, Jules Nzawé a insisté sur le caractère crucial de la période actuelle. « Notre pays traverse une période historique », a-t-il déclaré, rappelant que le peuple centrafricain a choisi, conformément à la Constitution, de se doter d’élections régulières tous les cinq ans. Ces scrutins, qui concernent désormais non seulement la présidence et l’Assemblée nationale, mais aussi les mairies et les conseils régionaux, constituent selon lui l’expression la plus authentique de la souveraineté populaire.
Le conseiller présidentiel a souligné que cette pratique électorale tire son essence de la loi fondamentale et qu’elle doit être protégée contre toute tentative de perturbation. « Nous avons tous dit plus jamais ça, plus jamais de troubles, plus jamais de guerres », a-t-il rappelé, en référence aux crises passées qui ont marqué la vie politique et sociale du pays.
Des accusations jugées « mensongères », selon Jules Njawé
Au cœur de son intervention, Jules Njawé s’est attardé sur les déclarations récentes d’Anicet Georges Dologuélé, candidat déclaré aux prochaines élections. Selon Njawé, ce dernier aurait accusé la directrice du centre de traitement des données de l’ANE de complicité dans la préparation du scrutin. Plus grave encore, il aurait insinué des éléments relevant de sa vie privée, en affirmant qu’elle serait la concubine d’Evariste Ngamana, vice-président de l’Assemblée nationale.
Pour Njawé, ces propos sont « gravissimes » et « mensongers », dépourvus de toute preuve. « Pour quelqu’un qui aspire à gouverner un pays et qui peut se permettre d’avancer de tels ragots sans éléments de preuve, cela montre à suffisance ce qu’ils veulent faire de notre pays », a-t-il martelé. Il estime que ces attaques visent à jeter le discrédit sur un haut cadre de l’ANE et, par ricochet, à fragiliser l’ensemble du processus électoral.
Le ministre conseiller a mis en garde contre les conséquences d’une telle campagne de dénigrement. Si la directrice de l’ANE venait à démissionner ou à être démise de ses fonctions sous la pression, cela créerait selon lui un « blocus » institutionnel. En effet, la réglementation en vigueur ne permet pas de procéder à un remplacement immédiat ou « numérique » d’un commissaire de l’ANE. Une vacance prolongée pourrait donc paralyser l’organisation des élections.
Njawé a insisté sur la nécessité de rester vigilant face à ce qu’il qualifie de « stratégie planifiée de déstabilisation ». Il a rappelé que des précédents existent, notamment lors des élections de 2016, où des ingénieurs étrangers avaient été dépêchés pour manipuler les outils informatiques du centre de traitement des données. À l’époque, la même responsable aujourd’hui attaquée avait refusé de cautionner ces pratiques et les avait dénoncées publiquement.
Le conseiller présidentiel a évoqué les tensions qui avaient marqué le scrutin de 2016, citant notamment les bagarres survenues le soir de l’élection à Katimini. Selon lui, Anicet Georges Dologuélé s’était alors rapproché du président de l’ANE, en violation de la loi électorale qui interdit tout contact direct entre un candidat et l’autorité chargée de l’organisation des élections. « Ce sont des faits que nous avons tous vécus », a-t-il rappelé, soulignant la gravité de ces antécédents.
Pour Njawé, les attaques actuelles contre l’ANE s’inscrivent dans une continuité de pratiques visant à influencer ou perturber le processus électoral. Il a dénoncé une « logique » consistant à fragiliser les institutions pour ensuite réclamer le report des élections, comme l’a récemment suggéré Dologuélé dans ses déclarations publiques.
Au-delà des accusations portées contre un candidat en particulier, Jules Njawé a lancé un appel solennel à l’ensemble des citoyens centrafricains. « Nous avons le devoir de tirer la sonnette d’alarme », a-t-il affirmé, exhortant chacun à refuser d’être complice de toute action susceptible de déstabiliser le pays. Pour lui, la stabilité politique et la tenue des élections sont des conditions essentielles pour tourner définitivement la page des crises passées.
Il a insisté sur le fait que la déstabilisation militaire est désormais « très difficile », mais que certains « esprits malins » cherchent à contourner cette réalité par des manœuvres médiatiques et politiques. Les attaques dans les médias et sur les réseaux sociaux, selon lui, participent d’une stratégie visant à paralyser le processus électoral.
Le ton adopté par Jules Njawé lors de ce point de presse témoigne de la volonté des autorités de répliquer de manière offensive aux accusations portées contre l’ANE. « Nous ne ripostons pas à des ragots », a-t-il affirmé, tout en soulignant que les déclarations publiques de Dologuélé ne peuvent rester sans réponse. Pour lui, il s’agit de défendre l’intégrité des institutions et de préserver la confiance des citoyens dans le processus démocratique.
Njawé a également rappelé que la loi électorale encadre strictement les relations entre les candidats et l’ANE, et que toute tentative de pression ou de discrédit constitue une violation des règles établies, tout en réaffirmant la détermination du gouvernement à garantir la tenue des élections dans le respect des textes et de la volonté populaire.
Dans un contexte politique tendu, ses déclarations résonnent comme un appel à l’unité nationale et à la défense de la démocratie centrafricaine.
Dieu Beni Anderson Kabou

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