Le collectif des ressortissants de la commune de Ouandja a organisé un point de presse le jeudi 14 novembre 2024 à Bangui, pour éclairer la lanterne de la population sur la marche pacifique qui a eu lieu le 9 novembre dernier à Sekikédé dans la préfecture de la Vakaga précisément dans la sous- préfecture de Ouandja.
SIKIKEDE est une localité située dans la partie Sud-Ouest de la préfecture de la Vakaga précisément dans la sous-préfecture de Ouandja. La localité est le carrefour d’échange commercial avec les pays voisins comme le Tchad et le Soudan. Sekikédé s’étend sur 20 kilomètres de long et 7 kilomètres de large dont 14 chefs de groupes et 80 chefs de quartiers et compte environ cinquante-deux mille (52000) habitants avec une population multi ethniques telles que les Rounga majoritaire, les Sara et les Goula.
D’après le président du collectif, sur le plan socio administratif, la localité de SIKIKEDE connait un retard alarmant depuis des décennies et n’a jamais été prise en compte dans les grandes orientations de développement durant les régimes politiques qui se sont succédés à la tête de notre pays. La localité de SIKIKEDE est dépourvue des infrastructures sociales de base (école, formation sanitaire, l’eau potable et absence de services déconcentrés de l’Etat).
Sur le plan sécuritaire, la localité a été longtemps sous la coupe des bandits et des groupes armés qui ont pris cette localité en otage et ce n’est que récemment en 2023 que le gouvernement a envoyé des forces de défenses et de sécurité pour assurer la sécurité de la population, et laquelle localité n’a pas vu la présence des Forces de défenses et de sécurité de l’Etat depuis l’indépendance.
Malick Yacoub, président du collectif : « Sur toile de fond des conflits intercommunautaires survenus depuis 2002 et qui ont duré plusieurs années, certains natifs de la préfecture de la Vakaga en l’occurrence les intellectuels résidents à Bangui lesquels animés par des intentions malveillantes contre la localité de SIKIKEDE ne cessent de propager des informations mensongères dans le but de discréditer la population de cette localité et de bloquer toutes les initiatives gouvernementales en faveur de son développement tout simplement parce qu’ils sont animés par la haine et ne veulent que leur propre intérêt et celui de leur famille et non l’intérêt de tous ».
Le président du collectif a fait savoir que lors des opérations électorales de 2015 et 2020, la localité de SIKIKEDE qui comprend une base électorale importante a été victime de la politique d’exclusion dans la mesure où elle n’a pas été prise en compte par l’autorité nationale des élections (ANE) dans la cartographie électorale. « Cette pratique haineuse se manifeste par le refus de cartes d’électeurs à certaines communautés en faveurs des autres ethnies et cela a été toujours l’œuvre de ces intellectuels véreux qui se prennent pour des intouchables et prennent la Vakaga comme leur vache à lait et patrimoine personnel. Plusieurs cas d’injustices subies par cette population depuis des années et ladite population a avalé les couleuvres mais reste résiliente malgré les coups subis ». A-t-il confié
A en croire au propos du collectif, la localité a été complètement mise sous terre par des politiques d’exclusion volontaire, et l’exemple qu’il a donné est celui du projet de loi relative aux circonscriptions administratives de 2020, où la localité de SIKIKEDE a été complétement ignorée et n’est pas érigée en une circonscription administrative et même pas en circonscription électorale.
Malick Yacoub : « Je pense que cinquante-deux mille habitants méritent mieux que ça si la justice équitable existe entre les peuples. Il y’a des circonscriptions de moins de 10.000 habitants qui ont été prises en compte dans le découpage administratif et circonscription électorale mais pourquoi pas la localité de SIKIKEDE ».
Pour pallier aux différents problèmes dont font face le village de Sekikédé, le collectif a émis une demande : « la population s’est levée en milliers comme un seul Homme pour dire non au sous tutelle de la commune de Ouandja et demande au gouvernement d’ériger cette localité en sous-préfecture afin de rapprocher cette localité à l’État et profiter pour enclencher son développement pour permettre aux populations de vivre dans leur pays avec sincérité et harmonie dans la paix et la quiétude ».
Milca Bissidi

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