Novembre bleu est le mois de la sensibilisation au cancer de la prostate, une maladie qui touche de nombreux hommes à partir de 50 ans. Docteur Albert Danaï, urologue, nous explique le rôle essentiel de la prostate, les facteurs à risque, les symptômes à ne pas ignorer, ainsi que les bonnes pratiques pour prévenir cette maladie silencieuse. Informer et agir tôt, c’est la clé pour mieux se protéger.

Oubangui Médias : Bonjour ! Dites-nous, c’est quoi la prostate ?

Docteur Albert Danaï, urologue : La prostate est un organe annexe de l’appareil génital masculin. C’est au niveau de cet organe que les voies urinaires et génitales se croisent. La prostate produit environ 20% des sécrétions du sperme. Autrement dit, c’est l’association des spermatozoïdes avec ces sécrétions prostatiques qui donne la force nécessaire aux spermatozoïdes pour atteindre et féconder l’ovule. Ces sécrétions protègent aussi les spermatozoïdes en empêchant les microbes de pénétrer.

Oubangui Médias : Qu’est-ce qui est à l’origine de cette maladie ?

Docteur Albert Danaï, urologue : L’origine de cette maladie provient principalement de l’âge. À partir de 50 ans, le risque augmente. Il y a aussi une prédisposition familiale, ainsi que des facteurs environnementaux. Un environnement toxique peut favoriser l’apparition de la maladie. L’alimentation joue un rôle important : certains aliments protègent, d’autres augmentent le risque. Parmi ceux qui protègent, on trouve la courge, le sésame, et le lycopène présent dans certains légumes comme le soja. À l’inverse, les viandes rouges grasses contribuent à la survenue du cancer de la prostate.

Oubangui Médias : Quels sont les symptômes ?

Docteur Albert Danaï, urologue : Plusieurs signes peuvent orienter vers cette maladie : difficulté à uriner, mictions fréquentes et en petites quantités, surtout la nuit lors de la seconde moitié, présence de sang dans le sperme pendant l’éjaculation, arrêt ou blocage des urines, sensation de ne pas vider complètement la vessie. Il est important de consulter un urologue dès 50 ans. Parfois, le cancer est découvert lors d’examens effectués pour d’autres maladies, car il n’y a pas toujours de symptômes fixes. Le trouble urinaire est le principal signe. C’est pour cette raison que le mois de Novembre bleu est dédié à la sensibilisation : il faut agir avant l’apparition des signes, sinon la maladie peut s’étendre et devenir plus difficile à traiter.

Oubangui Médias : Dites-nous, docteur, comment peut-on prévenir cette maladie ?

Docteur Albert Danaï, urologue : La prévention commence par une consultation régulière après 50 ans. Ensuite, il faut pratiquer au moins 30 minutes de marche par jour, ne pas retenir l’envie d’uriner, manger sainement en limitant les viandes rouges et les sucres industriels, et bien dormir. Un sommeil réparateur d’au moins 8 heures permet de régénérer les cellules et d’éliminer les cellules anormales. Éjaculer régulièrement peut aussi aider. Durant le mois de novembre, il faut encourager les hommes à consulter un urologue au moins une fois par an.

Oubangui Médias : Avez-vous un conseil à adresser aux Centrafricains qui nous écoutent ?

Docteur Albert Danaï, urologue : Si un membre de la famille a déjà eu un cancer de la prostate, tous les hommes doivent consulter un urologue entre 40 et 45 ans pour commencer la surveillance, c’est-à-dire le dépistage. Pour toute personne de plus de 50 ans, une consultation annuelle est indispensable, et il ne faut pas attendre l’apparition des signes, car cela signifie souvent que la maladie progresse. Le dépistage repose sur trois examens : le toucher rectal, l’échographie et le dosage du PSA. Le diagnostic est confirmé par une biopsie de la prostate, analysée en laboratoire. Selon le stade, l’urologue programmera la prise en charge adaptée.

Interview réalisée par Chancelle Wafeï Mbossio