En République centrafricaine, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) veut appuyer le gouvernement à trouver des réponses économiques durables à la situation des personnes déplacées de force. Dans ce cadre, un Forum de haut niveau sur les déplacements forcés et le rôle du secteur privé s’est ouvert du 1er au 2 Juillet 2025 à Bangui.

Ces assises de 2 jours, visent à mobiliser les entreprises privées autour des solutions économiques durables pour les personnes déplacées de force et les communautés hôtes en République centrafricaine, notamment de présenter les opportunités d’investissement dans les zones de retour pour la relance économique et la consolidation de la paix.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par des engagements et des appels en faveur des personnes déplacées. Mohamed Ag Ayoya, Coordonnateur des Affaires humanitaires (OCHA) en Centrafrique a par exemple indiqué que face au nombre élevé des personnes déplacées qui tourne à 400 chaque année, l’aide humanitaire à elle seule ne peut suffire. C’est pourquoi la mobilisation du secteur privé est capitale a-t-il indiqué.

Le Coordonnateur humanitaire a insisté sur l’engagement des entreprises privées pour promouvoir l’inclusion des personnes déplacées. Mais pour cela, il faudrait établir une feuille de route concrète qui doit se reposer sur la transparence. A-t-il précisé.

Selon OCHA, des centaines de personnes ont subi des déplacements forcés. Mais aujourd’hui ils reviennent parce qu’ils croient à reconstruire leur destin dans leur pays d’origine.

Pour sa part, le HCR a félicité le gouvernement pour cette initiative. Son Haut-commissaire Assistant en charge des opérations, Raouf Mazout a dans son intervention mis l’accent sur l’investissement du secteur privé. Car pour lui, il s’agit des affaires et non des sacrifices. A-t-il déclaré.

« Une approche secteur privé place l’individu, ses besoins, ses capacités, ses aspirations au centre de son action. Je suis de ce fait très heureux que nous ayons parmi nous des représentants des personnes déplacées. Ce que nous vous invitons à faire aujourd’hui ce sont des affaires. Et non de l’humanitaire. Nous voulons vous inviter à investir là où la rentabilité rime avec impact. Nous vous exhortons à voir en chaque personne retournée un potentiel client, un futur employé, un entrepreneur ou un producteur. »

De son côté, le gouvernement a salué l’engagement de ses partenaires à l’organisation de cette rencontre. Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra, qui a ouvert les travaux a rappelé qu’aucun développement ne peut passer sans la population. C’est dans cette optique que le pays s’est engagé à soutenir le retour des personnes déplacées de force.

Le Chef d’État centrafricain a déclaré que ce forum marque une étape importante pour un partenariat entre l’État et le secteur privé, en travaillant dans un cadre pour faire bénéficier à tous. « Nous savons que l’État ne peut pas agir seul. Ce forum marque une étape décisive. Celle de l’ouverture d’un nouveau partenariat avec le secteur privé pour faire des zones de retour et d’accueil, des espaces d’opportunités économiques et non plus des zones d’assistance. Nous voudrons donc proposer au secteur privé national et sous régional de faire ce qu’il sait faire. C’est à dire investir, innover créer de la valeur. Mais de le faire dans un cadre qui bénéficie à tous, aux entreprises aux communautés et à la nation. En clair, nous voulons bâtir un pont entre les besoins sociaux et les solutions d’affaires. L’agriculture, l’inclusion financière, la formation professionnelle, les infrastructures énergétiques et numériques sont autant de domaines où les besoins sont immenses. Mais où les opportunités le sont tout autant. »

Poursuivant, Faustin Archange Touadéra a demandé au secteur privé de soutenir ce projet. « Je reste convaincu d’une chose. Le déplacement forcé n’est pas une fatalité. C’est un défi. Mais nous devons le transformer en opportunité. Une opportunité de repenser nos modèles, de bâtir un économique plus inclusive. M’adressant aux représentants du secteur privé, ce que nos pays vous offrent c’est l’opportunité de faire partie d’un nouvel modèle. Un modèle où votre expertise devient motrice, et où votre investissement devient un acte, une économie pour la société. »

La Centrafrique fait face depuis plusieurs années à une crise humanitaire complexe, marquée par des conflits récurrents ayant entraîné le déplacement de centaines de milliers de personnes à l’intérieur du pays. Face à cette situation, l’approche humanitaire seule ne suffit plus. Il devient urgent d’explorer des solutions innovantes, notamment à travers des partenariats public-privé. C’est dans cet esprit que le HCR soutient les autorités centrafricaines dans l’organisation de ce forum.

Cette démarche s’inscrit dans la vision plus large de la stratégie de solutions durables qui met l’accent sur l’autonomisation des personnes déplacées et leur pleine intégration dans la vie socio-économique du pays.

En 2024 le pays a adopté une stratégie de rapatriement des personnes déplacées. Une stratégie visant à « garantir à chaque centrafricain la possibilité de reconstruire sa vie dans la dignité, dans le domaine de l’emploi, de la santé, de l’éducation. »

Grâce à cette initiative, les retournés pourront bénéficier d’un emploi pour leur permettre de subvenir à leurs besoins. Ils seront employés dans le secteur privé.

Ouvert ce jour, le forum va se poursuivre par des travaux de groupe. Elle prendra fin ce mercredi 02 juillet 2025.

Rappelons que le Tchad était représenté par sa Ministre l’Action humanitaire, de la solidarité et de la réconciliation nationale. Sa participation à ce forum se justifie par le partage des expériences dans le cadre de rapatriement et de soutien au retour des personnes déplacées de force.

La ministre tchadienne de l’Action humanitaire a affirmé sa disponibilité à collaborer avec la RCA et à la soutenir dans cette perspective.

Déus Gracias Tchémanguéré

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