Depuis 2021, la ville de Kabo a repris ses activités grâce aux appuis des forces de défense et de sécurité (FACA, Gendarmerie) ainsi que des alliées russes qui sont présents dans la ville. Le Sous-Préfet Gabin Richard Ngoupende a échangé avec l’Oubangui Medias sur la situation générale de la ville et a fait observer que cette ville est dorénavant sécurisée.
Oubangui Medias : Bonjour monsieur le sous-préfet. La ville de Kabo a été secouée par des actes des violences. Aujourd’hui, l’insécurité règne encore dans les périphéries. Quelle lecture faites-vous de la sécurité dans la ville de Kabo. ?
Gabin Richard Ngoupende : Bonjour à vous. C’est bon, dire que la ville de Kabo n’est pas en sécurité je m’inscris en faux. La ville est sécurisée, vue les différents évènements que la ville a traversés depuis 2021, la ville a repris ses activités seulement c’est sur les axes que le problème se pose un peu par rapport à la sortie inopinée des groupes armés. Cependant dans la ville de Kabo, la sécurité y règne et les activités ont repris normalement.
Oubangui Medias : Quelle est la garantie de cette sécurité?
Gabin Richard Ngoupende Ce qui rassure la sécurité c’est la présence des forces de défenses et de sécurité, notamment les Forces Armées Centrafricaines, la gendarmerie et surtout la présence des alliées qui sont dans la localité et qui font peur aux groupes armés qui ne peuvent pas s’hasarder à venir reconquérir la ville de Kabo.
Oubangui Medias : Avec la récente attaque des éléments de la CPC sur la ville est ce qu’on peut d’emblée dire que vraiment il y a la sécurité pleinement dans la ville ?
Gabin Richard Ngoupende Bien sûre, il y a la sécurité. Ils ont tenté en réveillant la population à 5h du matin pour faire des forfaits mais ils n’ont pas pu. Ils ont été mis en débandade et entre eux on a enregistré des cas des morts. Du côté de la population, personne n’a été touchée. Ce qui nous rassure que nos forces sont en alerte et elles sont prêtes à défendre le territoire des groupes nuisibles.
Oubangui Medias : Monsieur le sous-préfet, parlons de la situation socio-économique si l’on sait que l’accès dans la ville de Kabo est difficile avec l’insécurité sur les axes comme vous avez dit. Comment vit vraiment la population dans la ville de Kabo ?
Gabin Richard Ngoupende La vie socio-économique dans le pays est marquée par des évènements qui viennent bouleverser la cour normale de la vie. La ville a connu l’année passée un peu de dérangement par rapport aux pluies diluviennes qui ont ravagé des champs et détruit beaucoup de maison. Cette année, la population est en train de se relever pour essayer de remonter le niveau de l’agriculture. Dans la localité, les champs se cultivent à l’aide des bétails. C’est la culture attelé. C’est ce qui permet à la population de cultiver plusieurs hectares pour rattraper la perte de l’année dernière.
Oubangui Medias : Pour dire que la ville de Kabo ne compte pas sur Bangui pour se ravitailler ?
Gabin Richard Ngoupende : Vous savez que la ville de Kabo est proche du Tchad et se ravitaille via ce pays, malgré que la frontière a été officiellement fermée. Malgré cette fermeture, il y a cette petite collaboration entre les autorités qui favorise les transactions pour permettre de ravitailler les localités de Kabo et Moyenne Sido. Si on devrait compter sur Bangui pour être ravitaillée, on ne serait pas à ce niveau. La distance, l’état de route c’est ce qui ne nous permet pas, même si les articles devraient venir de Bangui mais quand ça va arriver à Kabo ça sera plus chères et la population ne sera pas en mesure de payer.
Oubangui Medias : Parlons de la cohabitation entre les communautés peules et les chrétiennes dans la localité. Est-ce beau fixe ?
Gabin Richard Ngoupende : La cohabitation entre les peules et la population chrétienne, vous constatez qu’il y a la cohésion et les populations continuent à se frotter les unes et les autres. Donc à Kabo, il y a cette cohésion. Même quand Kabo était une zone un peu particulière par rapport aux autres où il y avait la population musulmane et la population chrétienne malgré certains écarts mais cela n’a pas divisé les deux communautés. Elles sont restées ensembles.
Oubangui Medias : On sait que la communauté musulmane pratique à majorité l’élevage et les chrétiens l’agriculture et il y a un conflit régulier en termes de la gestion de couloir de transhumance. Comment faites-vous ici pour éviter le conflit entre ces deux communautés ?
Gabin Richard Ngoupende La population de Kabo que ce soit la communauté chrétienne ou musulmane pratique tous l’’élevage et de l’agriculture. C’est le transhumant qui pratique l’élevage et donc les difficultés se trouvent au niveau des transhumants tchadiens qui viennent avec un certain comportement et font du n’importe quoi. Cela a fait que même cette communauté qui vient d’ailleurs et qui essaie de faire des exagérations est rejetée par la population.
A l’exemple de la communauté Mbarara qui est une ethnie tchadienne. Cette communauté pratique l’élevage mais elle est très barbare. Donc vous constaterez que dans la localité que ça soit à Kabo ou à Moyenne Sido ou encore dans les localités environnantes, ils ne cessent de commettre des dégâts et ils ne sont pas bien vus par les populations. C’est quand ils viennent en transhumance que les couloirs de transhumance, la distance de culture ne sont pas respectés. Ils amènent des bétails dans les champs pour détruire les cultures.
Oubangui Medias : On sait que la ville de Kabo est sortie de la crise. Dites-nous un peu sur la situation humanitaire ?
Gabin Richard Ngoupende : La situation humanitaire reste encore un peu déplorable parce que le départ de MSF Espagne a dégradé encore la situation. MSF avait apporté beaucoup de soutien dans le domaine de la santé, il est parti suite aux nombreux soubresauts.
Dieu merci la localité bénéficie ces derniers temps des apports de beaucoup d’ONGs qui assiste la population qui avait tout perdu à cause des évènements d’une part et des inondations d’autres part.
Oubangui Medias : A Kabo il n’a pas de radio qui émet dans la localité. En tant que sous-préfet comment faites-vous pour avoir les informations ainsi que votre population?
Gabin Richard Ngoupende : Pour nous informer, il faut parfois aller sur Internet et pour être connecté il faut avoir soit le wifi, soit activer le forfait. Là, nous avons toutes les difficultés. Depuis que je suis arrivé, j’ai beaucoup plaidé auprès de la Minusca pour nous aider en nous installant une radio communautaire par l’entremise de l’église catholique. Si on pouvait nous aider à avoir une radio communautaire ici, ça sera un soulagement pour la population. Les démarches sont encore en cours.
Oubangui Medias : La ville de Kabo ne dispose pas de radio, mais l’actualité socio-politique à Bangui est dominée par le projet de la Nouvelle Constitution. Est-ce qu’ici la population adhère à ce projet ?
Gabin Richard Ngoupende : Nous représentons le gouvernement et donc nous devons nous adhérer à ce projet de réforme constitutionnelle en partageant largement la vision du Président de la République. C’est ce qui a fait que la population a vu d’une manière positive ces réformes et s’est adhérée à travers les manifestations pour demander la Nouvelle Constitution. La ville de Kabo est aussi présente dans les activités menant au vote de la nouvelle constitution.
Oubangui Medias : Nous vous remercions
Gabin Richard Ngoupende : C’est à moi de vous remercier.
Interview réalisée à Kabo par Dorcas Bangui Yabanga

Commentaires récents