À 32 ans, Magloire Julien Detoua arbore un sourire confiant lorsqu’il retrace son parcours. Il y a quelques années encore, ce jeune habitant du quartier Bala, situé à l’extrémité de la piste de l’aéroport de Bangui, cherchait désespérément une occasion d’acquérir des compétences professionnelles. À l’époque, il exerçait comme mécanicien. Aujourd’hui, il figure parmi les bénéficiaires d’une formation technique sur la culture des champignons, organisée dans le cadre de la coopération entre la Chine et la République centrafricaine.

Avant cette opportunité, Magloire Julien Detoua enchaînait de petits travaux pour subvenir aux besoins de sa famille. « Avant de faire la culture du champignon, je travaillais comme mécanicien. Mon grand frère, qui collaborait avec les Chinois à l’ICRA dans ce domaine, m’a un jour apporté un champignon. Je l’ai goûté et cela m’a plu. Je ne savais pas qu’on pouvait le cultiver. Ce travail m’a immédiatement intéressé et je lui ai dit que je voulais apprendre ce métier pour vivre dignement et aider les miens. Lorsque les Chinois sont revenus pour une seconde mission, il m’a orienté vers la formation. C’est ainsi que j’ai abandonné la mécanique pour me consacrer à la culture du champignon », confie-t-il.

Pendant trois années consécutives, il suit avec assiduité les enseignements dispensés par les formateurs chinois. Entre cours théoriques et séances pratiques, il découvre de nouvelles méthodes de travail, renforce ses compétences techniques et développe une confiance accrue en lui-même. « Je savais que le travail champêtre était un bon métier, mais cette formation m’a ouvert les yeux. J’ai appris à transformer le champignon, à le multiplier avant de le planter. J’ai compris qu’avec discipline, travail et compétences, je pouvais construire mon avenir. Enfant déjà, je pratiquais ce métier avec mes parents, ce qui m’a permis de maîtriser rapidement les enseignements », raconte-t-il avec émotion.

Comme tout apprentissage, le chemin n’a pas été exempt de difficultés. Magloire évoque les obstacles rencontrés après la formation : « Nous avons bien commencé et bien terminé, mais depuis le départ des Chinois, nous sommes restés sans appui. Je n’ai bénéficié d’aucun soutien ni d’un partenaire. C’est grâce à madame Fatimé Rékia ABBA que j’ai pu intégrer son entreprise Waki Group. »

Aujourd’hui, grâce à ce savoir-faire, Magloire Julien Detoua parvient à nourrir sa famille et à répondre à ses besoins. Mais ses ambitions vont plus loin : il souhaite mettre en pratique les connaissances acquises, créer sa propre activité et former d’autres jeunes de son quartier. Pour lui, cette formation représente bien plus qu’un apprentissage technique : elle incarne une véritable chance de transformer sa vie. « Je voudrais dire à mes frères centrafricains que c’est une opportunité pour les jeunes. Ce métier peut leur permettre de gagner leur vie et de contribuer au pays. Il n’est pas digne qu’un jeune reste sans rien faire. Nos partenaires chinois ont ouvert des centres de formation dans plusieurs domaines, il faut en profiter. Je peux également initier ceux qui le souhaitent », conclut-il.

À travers son histoire, Magloire Julien Detoua incarne l’espérance de nombreux jeunes Centrafricains qui voient dans la formation professionnelle un levier pour accéder à l’emploi et participer au développement de leur nation.

Freddy Ulrich Tanga