Bangui a accueilli l’atelier national de validation du Plan Stratégique et Opérationnel des réponses aux Changements Climatiques (PSO‑CC 2026‑2030). Organisé par le ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) avec l’appui technique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le financement du Fonds vert pour le climat (FVC), cet événement marque une étape décisive dans la lutte de la République centrafricaine contre les effets du dérèglement climatique.

Le PSO‑CC 2026‑2030 vise à opérationnaliser la Contribution Déterminée au niveau National (CDN), à orienter les investissements climatiques, à renforcer la résilience des populations et des écosystèmes, et à améliorer l’accès aux financements internationaux. Sa validation nationale intervient après plusieurs étapes de consultation menées dans les régions de Pondi et Berberati, ainsi qu’un atelier technique tenu à Bangui mi‑juillet.

Institutions publiques, collectivités territoriales, secteur privé, société civile, monde académique et partenaires techniques et financiers ont pris part à cette rencontre. L’objectif est de garantir la cohérence du plan avec les priorités nationales et les engagements internationaux de la RCA, notamment l’Accord de Paris.

Au nom de la représentante résidente du PNUD en RCA, Gaétan Moloto Kenguemba a salué les efforts du gouvernement centrafricain :

« Je tiens à féliciter le gouvernement pour les efforts soutenus qu’il ne cesse de déployer dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques, malgré les nombreux défis auxquels le pays fait face. »

Il a rappelé l’ampleur des impacts : agriculture fragilisée par la variabilité des pluies, ressources en eau sous pression, biodiversité menacée, infrastructures endommagées par les inondations, et un secteur énergétique dépendant des ressources hydrauliques et forestières.

Face à ces réalités, il a insisté sur la nécessité d’une réponse coordonnée et inclusive : « Ces réalités exigent une réponse capable de transformer les vulnérabilités en opportunités de résilience et de développement durable. »

Le représentant du PNUD a souligné que la révision du PSO‑CC s’inscrit dans les orientations du Plan national de développement (PND 2024‑2028) et dans la CDN 3.0. Il a rappelé que le financement du FVC, via le projet de renforcement des capacités de l’Autorité nationale désignée, a permis de mobiliser des experts et de conduire des consultations participatives.

Martin N’djiki, représentant personnel du ministre de l’Environnement, a pour sa part mis en lumière les répercussions multiformes du dérèglement climatique :

« Les effets liés aux changements climatiques ont aujourd’hui des répercussions profondes et multiformes sur l’environnement, le tissu socio‑économique, la gouvernance ainsi que la stabilité et la sécurité des États. En République centrafricaine, ces impacts se manifestent avec une intensité croissante, fragilisant davantage les populations et les secteurs essentiels au développement national. »

Il a détaillé les secteurs les plus touchés :

Agriculture : baisse des rendements, perturbation des calendriers agricoles, vulnérabilité accrue des cultures.
Eau : variabilité climatique affectant l’approvisionnement en eau potable et les activités agricoles et pastorales.
Écosystèmes : dégradation des forêts, perte de biodiversité, réduction des services environnementaux.
Santé : propagation de maladies hydriques et vectorielles, aggravation des conditions sanitaires des populations vulnérables.

Pour lui, l’actualisation du PSO‑CC constitue un outil essentiel d’orientation des politiques publiques : « Elle permettra d’assurer une meilleure cohérence entre les stratégies sectorielles, les CDN, les objectifs de développement durable et les priorités nationales en matière d’adaptation et d’atténuation. »

Le Fonds vert pour le climat joue un rôle central dans ce processus. Son appui financier traduit la volonté du gouvernement et de ses partenaires de renforcer les capacités institutionnelles et techniques du pays, d’améliorer l’accès aux mécanismes internationaux de financement et de consolider l’architecture nationale de gouvernance climatique.

Cet appui permettra d’actualiser le PSO‑CC, de renforcer la coordination des acteurs et de créer un cadre favorable à la mobilisation des ressources nécessaires pour une transition vers un développement résilient et sobre en carbone.

Les deux interventions ont convergé sur un point : la nécessité d’une mobilisation collective. Le PNUD a encouragé les participants à « partager leurs expertises et formuler des propositions concrètes, pertinentes et innovantes », tandis que le MEDD a insisté sur l’importance de l’expertise et de la collaboration des acteurs nationaux.

La validation du PSO‑CC 2026‑2030 doit ainsi doter la RCA d’un document stratégique réaliste et largement approprié, capable d’orienter efficacement l’action climatique nationale et de faciliter la mobilisation des ressources.

Dans un pays où les effets du dérèglement climatique accentuent les vulnérabilités socio‑économiques, l’adoption de ce plan représente une avancée majeure. Elle traduit la volonté politique de bâtir une réponse nationale cohérente, inclusive et durable.

Pour les partenaires internationaux, il s’agit d’un signal fort : la RCA entend s’inscrire pleinement dans les engagements climatiques mondiaux et renforcer sa résilience face aux défis environnementaux. Pour les populations, ce plan ouvre la perspective d’une meilleure protection des moyens de subsistance, d’une gestion durable des ressources naturelles et d’une amélioration des conditions de vie.

Dieu Béni Anderson Kabou