La Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR), institution de justice transitionnelle de la République centrafricaine, est confrontée à de sérieuses difficultés depuis la mise en œuvre de son mandat. Ces contraintes constituent des freins à son bon fonctionnement, alors même que les besoins des populations et des victimes restent importants sur le terrain.
Cette situation a été évoquée par Aristide Nononsi, expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l’homme lors de la conférence de presse hebdomadaire de la MINUSCA. Selon lui, au cours des dernières décennies, la République centrafricaine a traversé plusieurs crises militaro-politiques qui ont fortement fragilisé le pays, le plongeant dans une situation critique, voire désastreuse.
Ces crises ont provoqué d’importants mouvements de populations. Certaines personnes ont été contraintes de quitter leurs localités respectives, tandis que d’autres ont dû fuir le pays pour trouver refuge à l’étranger.
Cette situation a favorisé la prolifération des groupes armés ainsi que la multiplication des violations des droits de l’homme et des crimes contre l’humanité. C’est dans ce contexte que la CVJRR a été créée en 2020. Institution chargée de la justice transitionnelle, elle a pour mandat d’enquêter sur les graves violations commises sur le territoire centrafricain, de faire la lumière sur les faits et de contribuer au retour de la paix à travers des mécanismes de dialogue et de réconciliation.
Cependant, depuis plusieurs années, la CVJRR fait face à des défis majeurs dans l’exercice de sa mission. Ces difficultés sont d’ordre financier, logistique et institutionnel. Elles affectent considérablement son fonctionnement et limitent sa capacité à répondre efficacement aux attentes des victimes.
Aristide Nononsi n’a pas manqué d’exprimer ses préoccupations à ce sujet. « Je note cependant avec préoccupation quelques difficultés persistantes rencontrées par la CVJRR depuis sa mise en place, notamment des contraintes financières, logistiques et institutionnelles qui limitent sa capacité à mener pleinement son mandat sur l’ensemble du territoire », a-t-il déclaré.
Le travail de la CVJRR demeure essentiel pour répondre aux attentes des victimes et consolider une paix durable, conformément aux recommandations issues du Forum national de Bangui de 2015. Toutefois, sur le terrain, de nombreuses victimes attendent encore des réponses et des mesures concrètes, ce qui alimente parfois un sentiment de frustration et de désespoir.
Face à cette situation, le gouvernement centrafricain et ses partenaires sont appelés à renforcer leur soutien à la CVJRR afin de redonner espoir aux victimes et de consolider la confiance entre l’État et la population.
Caleb Zimango Bango

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