Le secteur bancaire centrafricain vient de franchir une étape décisive. Ce mardi 2 juin 2026, l’Association Professionnelle des Établissements de Crédit de Centrafrique (APECCA), en partenariat avec l’International Finance Corporation (IFC), a lancé à Bangui un atelier inédit dans le cadre du programme DIGILAB. Cette initiative, véritable laboratoire d’idées et d’expérimentation, place l’innovation et la digitalisation au cœur des priorités du système financier national.
Dans un monde où les services financiers évoluent à grande vitesse, la République centrafricaine ne veut pas rester en marge. DIGILAB se fixe trois objectifs majeurs :
Encourager l’innovation au sein des établissements de crédit, Développer des solutions locales adaptées aux réalités du pays, Renforcer les compétences digitales des équipes.
Pour l’APECCA, cette transformation est une exigence stratégique. Les clients attendent désormais des banques rapides, simples, accessibles et digitales. DIGILAB apparaît ainsi comme un catalyseur de changement, offrant aux institutions financières l’opportunité de concevoir et déployer des solutions innovantes, inclusives et durables.
Félix Landry N’joume, Président de l’APECCA et Directeur général d’Ecobank Centrafrique, a rappelé l’importance de cette initiative : « Tous les défis auxquels nous sommes confrontés dans la profession bancaire et même dans le système financier en général, les problématiques d’inclusion financière républicaine et centrafricaine, les problématiques de taux de bancarisation… le DigiLab vient soutenir ces initiatives déjà lancées par l’APECCA. Nous ne pouvons qu’être satisfaits et mobiliser nos participants pour qu’ils en tirent le maximum de bénéfices. »
Il a également révélé que l’APECCA prépare déjà la deuxième édition des Banques du FANACHAD, après le succès de la première. Selon lui, cette dynamique dépasse les attentes initiales et suscite un engouement fort auprès des régulateurs, institutionnels et acteurs du marché financier.
Le DigiLab, tout comme les assises du secteur privé récemment organisées, s’inscrit dans la continuité des recommandations issues du FANACHAD. L’objectif est clair : évaluer les avancées, mettre en œuvre les résolutions et poursuivre la transformation sans relâche.
De son côté, Ange Kouassi, Représentant pays de la SFI (IFC) pour le Cameroun et la RCA, a souligné la portée stratégique de l’atelier :
« L’atelier s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec le ministère des Finances et du Budget pour le développement des services financiers numériques en RCA. Après une phase de sensibilisation, nous passons désormais à une étape pratique avec les acteurs du secteur financier pour les accompagner dans la digitalisation de leurs entreprises et de leurs opérations. »
Il a insisté sur l’importance de l’inclusion financière, notamment en zones rurales où l’accès aux services reste limité. L’IFC a déjà engagé des partenariats avec des entreprises locales pour développer des réseaux d’agents et proposer des formations.
En parallèle, la Banque mondiale, via le projet iCompete, soutient également le développement du secteur financier numérique. Pour Kouassi, le retard de la RCA en matière de digitalisation est paradoxalement une opportunité : celle d’aller plus vite et plus loin, en s’appuyant sur les meilleures pratiques internationales.
DIGILAB ne se limite pas à un simple atelier. Il s’agit d’un véritable programme de transformation qui ambitionne de :
Créer un écosystème financier moderne, Favoriser l’accès des populations rurales aux services bancaires, Stimuler la créativité des institutions locales, Accélérer la bancarisation et l’inclusion financière.
Le message est clair : le futur de la finance centrafricaine dépend de la créativité et de l’engagement collectif des acteurs du secteur.
Entre le DigiLab, les assises du secteur privé et les Banques du FANACHAD, une dynamique nouvelle est en marche. Les institutions financières, les régulateurs et les partenaires internationaux convergent vers un même objectif : bâtir une finance centrafricaine moderne, inclusive et durable.
Ce mouvement dépasse les attentes initiales et suscite un engouement croissant. Les prochaines étapes notamment la deuxième édition du FANACHAD permettront d’évaluer les progrès réalisés et de renforcer encore davantage cette transformation.
Le lancement du DigiLab à Bangui marque un tournant historique pour le secteur financier centrafricain. En misant sur l’innovation et la digitalisation, l’APECCA et l’IFC ouvrent la voie à une finance plus accessible, plus rapide et plus inclusive.
La République centrafricaine, longtemps en retard sur la digitalisation, se donne désormais les moyens de rattraper ce décalage et de transformer ce défi en opportunité. Le futur de la finance centrafricaine s’écrit aujourd’hui, et il sera digital, innovant et collectif.
Dieu Béni Anderson Kabou

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