La République centrafricaine s’engage davantage dans la promotion de la culture et de l’éducation artistique à travers l’organisation de la Semaine de l’éducation culturelle et artistique. Le 26 mai 2026, au musée Barthélémy Boganda, une rencontre a réuni des lycéens de différents établissements de Bangui ainsi que des jeunes. L’objectif est de rapprocher les jeunes de leur patrimoine culturel tout en valorisant les expressions artistiques comme vecteur d’unité nationale, et de faire de ce lieu un véritable espace d’apprentissage vivant.

Plusieurs objectifs spécifiques ont été définis, notamment la présentation des objets ancestraux tout en expliquant l’importance du patrimoine culturel dans la consolidation de la paix, la sensibilisation des jeunes au renforcement de l’intégration de l’éducation artistique dans les établissements scolaires, l’encouragement du dialogue entre artistes, éducateurs et institutions, ainsi que la promotion des initiatives créatives portées par la jeunesse.

Pour Dieu-Béni Zangbé, coordonnateur du programme de l’UNESCO pour la RCA, « c’est une initiative mondiale qui a réuni les ministres de l’Éducation, de la Culture et des Arts. Lors d’une conférence en 2024, les États ont adopté une feuille de route dans laquelle figure la mise en œuvre de la Semaine de l’éducation culturelle et artistique. La RCA s’inscrit dans cette dynamique afin de faire de cette recommandation une activité concrète pour l’épanouissement de la jeunesse, des enfants et de l’éducation populaire », explique-t-il.

L’objectif de cette semaine est de reconnecter les élèves et les jeunes à leur identité, à leurs origines, à leur civilisation et à leur identité nationale. « Entrer dans un musée, ce n’est pas faire une balade, mais plutôt découvrir ses racines, sa culture et son identité. Pour l’UNESCO, il est important de sécuriser la paix à travers la culture et le patrimoine. Nous devons enseigner à nos enfants notre patrimoine et nos cultures, car c’est cela qui forge leur identité sur le plan international. Certains valorisent déjà leur patrimoine à travers des festivals identitaires au sein des établissements scolaires. L’objectif principal est de reconnecter les jeunes à leurs sources. C’est pourquoi cette immersion est baptisée “Sur les traces de la résilience” », poursuit-il.

Après la visite, des ateliers de photographie se sont poursuivis afin d’apprendre aux élèves à prendre des images avec l’association LÊ TI BEAFRIKA et l’association TERRESTRE, qui initie les enfants au cinéma. À travers cette activité, l’UNESCO entend désormais implanter ses clubs dans chaque établissement afin de déployer plusieurs activités dans les domaines de l’éducation, de la science, de la culture, de la communication, ainsi que de l’éducation aux médias et à l’information.

Pour ce faire, Dieu-Béni Zangbé a appelé les autorités politiques à prendre les mesures nécessaires afin que l’éducation culturelle et artistique devienne une réalité pour les jeunes, dans le but de faciliter la cohésion sociale et de bâtir la paix.

Cette initiative revêt une importance particulière dans un contexte où la préservation des valeurs culturelles et la transmission de l’histoire nationale constituent des leviers essentiels pour renforcer le vivre-ensemble. En mettant les jeunes au contact de leur patrimoine, cette semaine contribue non seulement à éveiller leur conscience citoyenne, mais aussi à prévenir la perte des identités culturelles face aux influences extérieures. Elle apparaît ainsi comme un cadre de dialogue, d’apprentissage et de valorisation des richesses culturelles centrafricaines au service de la paix durable.

Au sortir de cette activité, plusieurs participants ont exprimé leur satisfaction. C’est le cas d’Ali Ngabo, élève en classe de 1re C1 au lycée Barthélémy Boganda : « Ma satisfaction, à travers cette visite au musée Barthélémy Boganda, est d’avoir découvert ma culture et ce qui s’est passé autrefois. J’ai vu un gorille géant qui représente notre tradition et notre culture, ainsi que les outils de guerre utilisés par nos ancêtres. Je lance un appel à tous mes frères étudiants afin de nous unir pour valoriser notre culture et soutenir les œuvres d’art de notre pays », conclut-il.

Rappelons qu’à travers cette Semaine de l’éducation culturelle et artistique, les organisateurs souhaitent renforcer la connaissance du patrimoine culturel centrafricain chez les jeunes, consolider la collaboration entre les institutions éducatives et culturelles, et favoriser la mise en place des clubs UNESCO dans les écoles et universités du pays.

Freddy Ulrich Tanga