Lors de sa deuxième journée de témoignage devant la Cour pénale spéciale (CPS), dans le cadre de l’affaire Bossembélé, Éric Massi, n’a apporté aucun élément concret sur l’implication de l’accusé Eugène Barret Ngaïkosset dans l’assassinat de son père, Charles Massi.

Cette déclaration est intervenue lors du contre-interrogatoire mené par la défense. Répondant à Maître Jacob Sangone Demobona, avocat d’Eugène Barret Ngaïkosset, Éric Massi a affirmé qu’il avait rencontré ce dernier quelques années après la mort de son père, au quartier Sica II à Bangui. Ils ont échangé dans un cadre convivial. Selon le témoin, Eugène Barret Ngaïkosset lui aurait déclaré qu’il ne faisait pas partie des personnes impliquées dans la mort de Charles Massi.

La défense a relevé que la déposition du témoin reposait essentiellement sur des suppositions et ne permettait pas d’établir des éléments précis de responsabilité.

Comme pour Eugène Barret Ngaïkosset, le témoin n’a pas non plus confirmé l’implication des deux autres accusés, notamment Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy dans cette affaire.

Face aux questions de Maître Euloge Fortuné Mocpat, avocat de Vianney Semndiro, Éric Massi a déclaré qu’il ne dispose d’aucune information concernant ce dernier dans la disparition de son père. Pourtant, a souligné l’avocat, le témoin avait précédemment cité son nom parmi les personnes susceptibles d’être impliquées.

« Il est certain que, de par sa position, il peut être impliqué, même si je ne l’ai pas vu », a déclaré Éric Massi. La défense a estimé que cette affirmation ne reposait sur aucun élément de preuve.

À son tour, Maître Édith Douzima, avocate de François Bozizé, a interrogé le témoin. Selon elle, Éric Massi ne peut témoigner directement des faits puisqu’il ne se trouvait pas à Bangui au moment du transfert de son père à la prison de Bossembélé.

Concernant sa déclaration devant les juges, selon laquelle son père aurait été torturé sur ordre de François Bozizé, Éric Massi a affirmé tenir ces informations de témoins directs des faits. Il a également réitéré son affirmation selon laquelle François Bozizé aurait lui-même tué Charles Massi.

La défense a toutefois estimé que les déclarations d’Éric Massi reposent essentiellement sur des faits rapportés et des sources anonymes, tant à l’égard de François Bozizé que des trois autres accusés.

L’audition a pris fin par les remerciements du président de la Cour au témoin pour sa contribution à la manifestation de la vérité. L’audience a ensuite été suspendue et renvoyée au vendredi 26 juin pour l’audition du deuxième témoin.

Rappelons qu’Éric Massi est un témoin de l’accusation et ne bénéficie donc pas du statut de témoin protégé.              

     Déus Gracias Tchémanguéré