Après l’interrogatoire au fond de l’accusé François Boybanda, surnommé Baléré, la Cour pénale spéciale (CPS) a poursuivi, ce mardi 26 mai, avec celui de Philémon Kahina alias CB. Devant la Cour, l’accusé a contesté tous les faits qui lui sont reprochés.
Dans sa déposition, le prévenu a rejeté l’ensemble des chefs d’accusation retenus contre lui. Il a affirmé être victime d’une confusion alimentée par des rumeurs propagées, selon lui, par des personnes absentes lors des événements, en raison notamment de sa proximité avec une base des Anti-balaka.
S’agissant des circonstances ayant conduit à son arrestation, Philémon Kahina a expliqué qu’il se trouvait à la cérémonie mortuaire de sa belle-mère, un vendredi, lorsqu’il a appris l’irruption des Anti-balaka.
« Ce qui s’est passé est un événement très grave. Guen est le poumon économique de la sous-préfecture de Gadzi. C’est ce qui a suscité une jalousie », a-t-il déclaré.
Selon lui, les assaillants venaient de Ngbaïna avec pour objectif de piller et de détruire les biens de la ville de Guen.
L’accusé a également indiqué avoir été arrêté à 1 heure du matin, de manière brutale, par le commandant de la gendarmerie. Il affirme avoir été embarqué torse nu dans un véhicule BG80, avant d’être conduit à plus de 100 kilomètres, à la gendarmerie de Carnot. C’est là, dit-il, que les gendarmes lui ont expliqué les raisons de son arrestation. Il a ensuite été transféré à Bangui, à la CPS, le 7 juillet 2023, date de son arrestation.
Revenant sur les événements du 1er février 2014, avant le déclenchement des attaques, il a déclaré qu’il se trouvait dans sa plantation de bananes, située à quatre kilomètres de la ville de Guen, près d’une rivière, en compagnie de sa famille et de sa belle-famille.
Concernant sa supposée proximité avec le principal suspect, Edmond Béina, Philémon Kahina a affirmé l’avoir connu uniquement en prison. Il a précisé que son surnom « CB » fait référence à ses responsabilités au sein de la présidence de la jeunesse, ajoutant qu’au moins quatre personnes portent ce même surnom dans le village. Il soutient donc qu’il ne faisait pas partie des Anti-balaka et qu’il n’a jamais dirigé un groupe armé.
Interrogé sur les témoignages affirmant qu’une base des Anti-balaka était installée à son domicile, il a répondu que cela s’était fait sans son autorisation et sous la contrainte.
Parmi les chefs Anti-balaka, il a cité un certain Nara. Répondant aux questions du ministère public, il a affirmé avoir entendu qu’Edmond Béina figurait parmi les chefs Anti-balaka impliqués dans les violences commises à Guen.
L’audition reprendra le jeudi 28 mai à 10 heures avec l’interrogatoire mené par les avocats de la défense.
Déus Gracias Tchémanguéré

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