Le 30 Mars 2026, la République centrafricaine vient de franchir une étape importante de son histoire avec l’investiture du Président de la République le Professeur Faustin Archange Touadera pour son premier mandat de la septième République. Mais derrière cette célébration grandiose et symbolique, l’organisation de la cérémonie suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations.
Mis en place pour assurer la coordination logistique, sécuritaire et protocolaire, le comité d’organisation était attendu sur sa capacité à garantir un déroulement fluide et professionnel de l’événement. Pourtant, plusieurs insuffisances techniques ont été relevées sur le terrain.
Dès le début de la cérémonie, des problèmes liés à la sonorisation ont été constatés. Des micros laissant à désirer, des crépitements récurrents et une qualité sonore globalement médiocre ont perturbé la retransmission des discours officiels et de l’animation, privant une partie du public d’une bonne écoute des interventions. Un manquement notable pour un événement de cette envergure. Pourtant, lors des évènements nationaux passés comme par exemple la campagne électorale, la sonorisation était fluide, raisonnant des meilleurs sons.
Selon des sources proches de l’organisation, cette fois-ci, la sonorisation a été confiée à un sujet congolais qui ne semble pas avoir la parfaite maitrise de terrain ni de l’installation des écrans géants dont l’un n’a pas fonctionné au moment de la cérémonie.
Sur le plan de l’accueil, d’autres dysfonctionnements ont été signalés. Selon plusieurs témoignages, le public présent n’a pas bénéficié de la distribution d’eau pourtant annoncée comme gratuite dans le dispositif organisationnel. Une situation difficilement compréhensible au regard de la mobilisation et qui interroge sur l’exécution effective des dispositions prévues. Des responsables des associations étaient obligés de sauver la situation au dernier moment.
La gestion du personnel d’accueil suscite également des commentaires. Des hôtesses ont été mobilisées depuis le Cameroun, notamment pour leurs compétences linguistiques, dans un contexte marqué par la présence d’invités internationaux. Un choix qui peut se justifier sur le plan protocolaire. Toutefois, des observateurs relèvent un déséquilibre dans la composition des équipes, avec un effectif d’hôtesses étrangères supérieur à celui des hôtesses Centrafricaines, alors même qu’une intégration plus équilibrée avait été envisagée. Le mieux serait de confié le lead à une agence nationale, même si la présence des camerounaises surtout bilingues devrait être un atout à cette cérémonie.
En plus des couacs observés figure le déséquilibre entre la participation de la presse internationale. Même si la presse nationale a été mobilisée, la presse internationale a été disproportionnée. La presse camerounaise a inondé la cérémonie au détriment des autres pays qui n’ont pas été officiellement invités. Quelques-uns ont tout fait par leur propre initiative pour couvrir cet évènement qui dépasse le niveau national.
Au-delà de ces aspects visibles, ces éléments viennent alimenter des questionnements plus larges sur la gestion globale des évènements publics dans le pays. Entre attentes de professionnalisme et réalités constatées, certains y voient les signes d’une organisation corrigible, voire d’une utilisation peu optimale des ressources mobilisées. Nous avons assisté à une course de positionnement d’une part mais aussi à la recherche de gain facile.
Le pays devrait valoriser les compétences nationales et assurer une gestion optimale et orthodoxe des fonds.
Dans un contexte socio-économique exigeant, ces insuffisances renforcent les appels à davantage de transparence et de rigueur dans la gestion des fonds publics, en particulier pour des événements à forte visibilité nationale.
Là où le peuple peut s’enorgueillir est la gestion de la sécurité. Pour cet évènement, la sécurité a réussie, permettant au peuple de vivre dans la liesse populaire cette investiture.
Sans tirer de conclusions hâtives, plusieurs voix plaident pour une évaluation indépendante de l’organisation de cette investiture, voir un audit indépendant, surtout que le budget alloué par le Trésor Public n’a pas été officiellement communiqué au public. Une démarche qui permettrait d’identifier les responsabilités, de corriger les manquements et de restaurer la confiance du public.
Milca Bissidi

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