À Bangui, le Centre de formation professionnelle a retrouvé un nouveau souffle. Créé en 1993 avec l’appui financier de l’ambassade de France, ce centre situé dans l’enceinte de l’INRAP s’est imposé au fil des années comme un acteur clé de la formation technique et professionnelle. Mais c’est grâce au soutien du Projet Maïngo, initiative dédiée à l’autonomisation des jeunes, en particulier des femmes et des filles déscolarisées, que l’établissement connaît aujourd’hui une véritable renaissance.

La réhabilitation du centre s’inscrit dans une dynamique nationale visant à offrir des opportunités concrètes aux jeunes Centrafricains. Le projet met en avant des filières porteuses, adaptées aux réalités locales, telles que la culture des champignons, l’élevage des escargots et la couture. Ces formations, à la fois pratiques et innovantes, répondent aux besoins du marché tout en favorisant l’autonomie économique des bénéficiaires.

Parmi les filières proposées, la culture des champignons attire l’attention. Fatime Abba Rekia, formatrice spécialisée, explique :

« La culture des champignons, c’est de produire des champignons et de les mettre à la disposition des consommateurs centrafricains durant toute l’année. Dans notre pays, on ne trouve des champignons que pendant la saison des pluies. Avec cette formation, nous voulons les rendre disponibles en permanence pour le peuple centrafricain. »

Cette approche illustre parfaitement la volonté du projet de transformer les contraintes naturelles en opportunités économiques. En rendant les champignons accessibles toute l’année, les jeunes formés contribuent à diversifier l’alimentation et à créer de nouvelles sources de revenus.

Autre filière phare : la couture. Elle attire de nombreuses jeunes femmes désireuses de sortir du chômage et de l’oisiveté. Sandrine Samantha Kandong Matoua, participante, témoigne :

« Ce qui a attiré mon attention dans cette formation, c’est que je vois beaucoup de femmes et filles qui chôment dans les quartiers, beaucoup de filles qui sont dépendantes. C’est ce qui m’a poussée à venir participer à cette formation. »

Son témoignage met en lumière l’impact social de ces formations : elles offrent une alternative crédible à la dépendance économique et ouvrent la voie à une véritable autonomie. La couture, en particulier, permet aux jeunes femmes de développer des compétences immédiatement valorisables sur le marché local.

Le projet Maïngo ne se limite pas aux activités traditionnelles. L’élevage des escargots, filière innovante et prometteuse, est également au programme. Cette activité, encore peu développée en République centrafricaine, représente une opportunité économique considérable. Elle permet non seulement de diversifier les sources de protéines disponibles, mais aussi de créer des micro-entreprises viables.

Le Directeur du développement des apprentissages et de la coordination des centres de formation professionnelle, Fiongai Ndionguré, souligne l’ampleur des résultats obtenus :

« Le projet Maïngo a ciblé ce centre pour en faire le projet d’autonomisation des femmes et des filles. Nous avons formé plus de 1000 jeunes de 14 à 24 ans. Avec le projet Maïngo, nous avons innové en mettant en place des filières porteuses : l’élevage des escargots, la culture des champignons et la couture. »

Ces chiffres témoignent de l’impact concret du projet sur la jeunesse centrafricaine. En offrant des formations adaptées et pratiques, le centre contribue à réduire le chômage et à renforcer la résilience des communautés.

Au-delà des chiffres, le projet Maïngo incarne une vision : celle d’une République centrafricaine où les jeunes, en particulier les femmes, deviennent des acteurs du développement. En leur donnant accès à des compétences techniques et professionnelles, le projet favorise l’inclusion sociale et économique.

La réhabilitation du centre de formation professionnelle de Bangui illustre cette ambition. Il ne s’agit pas seulement de rénover des infrastructures, mais de redonner espoir à une génération en quête d’avenir. Les formations proposées permettent aux bénéficiaires de se projeter dans une vie active, autonome et productive.

Les propos des formateurs et des bénéficiaires traduisent l’enthousiasme suscité par cette initiative. Qu’il s’agisse de la culture des champignons, de la couture ou de l’élevage des escargots, chaque filière ouvre des perspectives nouvelles. Les jeunes formés deviennent des entrepreneurs potentiels, capables de créer de la valeur et de contribuer au développement local.

Le projet Maïngo, en ciblant les femmes et les filles déscolarisées, répond à une problématique majeure : l’exclusion des jeunes femmes du marché du travail. En leur offrant des compétences concrètes, il contribue à réduire les inégalités et à renforcer la cohésion sociale.

La renaissance du Centre de formation professionnelle de Bangui grâce au projet Maïngo est bien plus qu’une réhabilitation. C’est une véritable transformation, qui place la jeunesse au cœur du développement. En formant plus de 1000 jeunes et en proposant des filières innovantes, le projet ouvre la voie à une République centrafricaine plus autonome, plus résiliente et plus prospère.

Les témoignages de Fatime Abba Rekia, Sandrine Samantha Kandong Matoua et Fiongai Ndionguré illustrent la portée de cette initiative. Ils montrent que, grâce à la formation, les jeunes Centrafricains peuvent écrire une nouvelle histoire : celle de l’autonomie, de la dignité et du progrès partagé.

Dieu Béni Anderson Kabou