À Nzila, dans la sous-préfecture de Bangui Fleuve précisément derrière la JPN, le soleil se lève doucement sur un champ modeste de culture de coton mais chargé d’espoir. Entre les rangées de cotonniers, Jean Luis, un jeune cultivateur amateur, inspecte ses plants avec attention.
Ici, pas de grandes exploitations mécanisées, mais près de 700 pieds de coton entretenus à la main, avec patience et détermination. Pour lui, cette culture n’est pas seulement une activité agricole mais une question de survie.
Comme beaucoup de jeunes en République centrafricaine, Sèm Bruno Hotondoya fait face à un avenir incertain. Le coton, autrefois pilier économique dans certaines régions du pays, tend aujourd’hui à disparaître. Victime de multiples difficultés : manque de soutien, absence d’usine de transformation, faibles revenus et désintérêt progressif des nouvelles générations. Pourtant, à Nzila, Sèm Bruno Hotondoya fait partie de ceux qui refusent de tourner la page et de passer à autre chose: « Je sais que ce n’est pas facile, mais je continue quand même le combat sans besser les bras », confie-t-il en essuyant la sueur de son front. « Avec ces plants, j’espère un jour subvenir à certains besoins de ma famille». Sa parcelle, bien que modeste, représente un effort quotidien. Semer, arroser, protéger les plants contre les ravageurs, car chaque geste compte: «Comme vous voyez, je suis en train de faire de la place, mettre de l’espace entre chaque pieds, pour que le développement passe vite».
Dans les provinces, d’autres jeunes cultivateurs ne suivent pas tous la même voie. Bien que souvent hésitants, certains les qualifient même d’« hamadonistes », et de perte inutile de temps. Ils préfèrent la culture de café que du coton. Comme par exemple le font les jeunes cultivateurs de la Lobaye. L’idée n’est plus de viser de vastes champs comme autrefois, mais plutôt de développer de petits jardins de coton, adaptés aux moyens disponibles.
Fait surprenant, pour certains de ces cultivateurs, le coton ne sert pas uniquement à des fins économiques. Dans certaines communautés, les feuilles sont utilisées pour préparer des tisanes traditionnelles, réputées pour leurs vertus médicinales. Une pratique qui montre que cette plante conserve une valeur culturelle et sanitaire, au-delà de sa fonction industrielle.
Cependant, sans accompagnement concret, ces initiatives restent fragiles. Les jeunes comme Sèm Bruno Hotondoya manquent d’outils, de formation et d’accès aux marchés. Malgré cela, ils continuent, portés par une volonté de préserver un héritage agricole et d’inventer une nouvelle manière de cultiver.
À Nzila, au milieu de ses 700 cotonniers, Sèm Bruno Hotondoya incarne cette résistance silencieuse. Son engagement rappelle que, même en voie de disparition, la culture du coton n’a pas encore dit son dernier mot en République centrafricaine. En effet, autrefois grâce à l’UCCA et la SOCOCA, la Centrafrique voyait son commerce et économie se développer. Mais depuis que ces institutions n’y est plus, le pays en s’offre. Il faudrait donc un renouvellement non seulement de ceux-ci, mais aussi la mise en place d’un usine de transformation de ce produit
BVIII Pappus Héritier

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