Ce 30 mars 2026, Faustin Archange Touadéra a prêté serment pour un nouveau mandat de sept ans. Son investiture en tant que Président de la République marque l’entrée de la République centrafricaine dans la 7 République. Mais quelles sont ses priorités ?

Dans son discours d’investiture, le Chef de l’État a annoncé plusieurs réformes qu’il souhaite voir se concrétiser durant ce premier mandat de la 7ᵉ République. Il a notamment réaffirmé sa volonté de poursuivre sa politique de préservation de la paix et de la stabilité, ainsi que le principe de non-ingérence dans les affaires des autres pays.

Il a également lancé un appel solennel aux leaders politiques afin qu’ils renoncent aux ambitions strictement personnelles et aux discours de haine. Selon lui, malgré les divergences, l’intérêt général, en particulier celui du peuple centrafricain, doit primer.

Le Président s’est engagé à mettre en œuvre plusieurs priorités, parmi lesquelles : consolider la paix, la sécurité, la réconciliation et l’unité nationales, promouvoir la justice et l’égalité pour tous, renforcer l’économie nationale et créer des emplois pour les jeunes, lutter contre la corruption et les mauvaises pratiques dans la gestion publique, digitaliser l’administration publique afin d’améliorer son efficacité et d’accroître les ressources domestiques, améliorer l’accès à l’éducation et à la santé pour tous, construire des infrastructures (routes, chemins de fer, énergie et eau), protéger l’environnement et valoriser les ressources naturelles et défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.

« La principale mission que je poursuivrai sans relâche est celle de garantir la paix et la sécurité par la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation, qui reste une boussole majeure. Nous devons renforcer les bases d’un État qui offrira la protection à tous les citoyens, sans distinction », a déclaré le Chef de l’État.

En matière de justice, il a affirmé qu’il veillera personnellement à ce que celle-ci accomplisse pleinement sa mission, afin de consolider l’État de droit que le pays s’est engagé à bâtir depuis son premier mandat.

« Aux partisans de l’injustice, je proclame la fin de l’impunité. Chacun devra désormais assumer les conséquences de ses actes dans le respect des lois et procédures en vigueur. Là où la force voudra brimer le plus faible, la loi s’appliquera dans toute sa rigueur. Personne ne doit se placer au-dessus des lois. Personne ne pourra agir impunément », a-t-il affirmé.

Le Président a également promis de poursuivre les efforts pour parachever la réconciliation nationale et consolider la stabilité politique, qui n’a de sens, selon lui, que si elle améliore concrètement la vie des citoyens.

Ainsi, il entend faire de ce septennat celui du développement humain, à travers la relance agricole et rurale, la reconstruction des infrastructures essentielles, l’investissement massif dans l’éducation et la santé, l’amélioration du cadre de vie et la gestion souveraine et transparente des ressources nationales.

Dans cette optique, des projets d’infrastructures, de modernisation de l’agriculture et de l’élevage, d’industrialisation et de création d’emplois seront mis en œuvre afin de favoriser l’autosuffisance alimentaire et de lutter contre la pauvreté ainsi que le chômage des jeunes.

La promotion de la jeunesse sera au cœur de l’action gouvernementale, tout comme un accent particulier sera mis sur les mécanismes de protection sociale. Le Président a également réaffirmé sa volonté de promouvoir la femme centrafricaine.

Dans cette perspective, la santé et l’éducation seront placées au plus haut rang des priorités. L’accès à l’école, à l’eau potable, à la sécurité alimentaire et la protection des personnes les plus vulnérables resteront au cœur de l’action publique.

La réalisation d’infrastructures majeures de communication et de désenclavement figure également parmi les priorités du Plan national de développement 2024-2028 et de l’intégration régionale.

Par ailleurs, l’accent sera mis sur le développement des ressources naturelles, du commerce, des petites et moyennes entreprises, de l’environnement, du tourisme, de l’industrie et du numérique. Le secteur privé, moteur de la croissance, fera l’objet d’une attention particulière.

Pour y parvenir, le gouvernement entend poursuivre la mobilisation des partenaires et des pays amis grâce à une diplomatie proactive et économique davantage orientée vers la coopération pour le développement.

Toutefois, selon le Chef de l’État, ces engagements ne sont pas de simples promesses, mais « des ordres de mission donnés dès aujourd’hui aux forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux organes supérieurs de contrôle de l’État ».

Déus Gracias Tchémanguéré