Deux blessés et un mort ont été enregistrés à Lim-Péndé, précisément dans le village de Ndim, à la suite d’un incident impliquant un militaire des Forces armées centrafricaines (FACA) déployé dans cette zone pour assurer la sécurité de la population.
Les faits se sont produits vendredi à Ndim, aux environs de 22 heures. Selon le frère de l’une des victimes, après une journée de travail, ils s’étaient retrouvés au petit marché pour se détendre. C’est alors qu’un élément des FACA, visiblement incontrôlé, est arrivé sur les lieux. Plus tôt dans la journée, il aurait déjà agressé deux Peuls et confisqué leurs machettes, qu’il aurait ensuite utilisées pour frapper des passants au bord de la route.
Ses frères faisaient partie des personnes présentes. Le militaire s’en est pris à l’un d’eux sans raison apparente. Celui-ci lui a demandé ce qui n’allait pas, mais le militaire a continué à le frapper. Finalement, il a chargé son arme et tiré à bout portant. La balle a traversé la main de la première victime avant d’atteindre une seconde personne, qui est malheureusement décédée vers 3 heures du matin. Une troisième personne a également été touchée par la même balle.
Paulin Belbaï, frère de la victime, revient sur les faits : « Nous sommes en deuil et profondément désespérés. Là où nous sommes aujourd’hui, nous ne savons plus quoi faire. Le gouvernement nous a envoyé les forces loyalistes, les FACA, pour nous protéger après les nombreuses difficultés que nous avons traversées dans le Nord. Nous espérions une amélioration de la situation. Mais aujourd’hui, nos attentes se sont transformées en détresse, parce que ceux qui sont censés nous protéger deviennent eux-mêmes des agresseurs. »
Face à la situation, ils ont choisi de porter secours aux blessés plutôt que de réagir violemment. Les victimes ont été conduites au dispensaire de Ndim, qui n’était pas en mesure de les prendre en charge. Elles ont alors été transférées à l’hôpital de Bocaranga, situé à 36 kilomètres, un trajet qui a duré environ trois heures.
Toutefois, le lendemain, la tension est montée dans la localité. Des jeunes, sous l’effet de la colère, ont manifesté et causé quelques dégâts. Le sous-préfet est intervenu pour tenter de calmer la situation et engager un dialogue. Trois jeunes ont été interpellés puis transférés à la gendarmerie de Bocaranga.
La victime la plus gravement atteinte devait être évacuée à Bangui, mais faute de moyens, cela n’a pas été possible. Elle a finalement succombé à ses blessures, laissant un vide immense au sein de la communauté.
Comme si cela ne suffisait pas, le même samedi, lors d’une cérémonie organisée en l’honneur d’une nouvelle cheffe de quartier, deux autres éléments des FACA ont perturbé l’événement. L’un d’eux a même agressé la responsable. Les jeunes présents ont réagi, ce qui a entraîné des tirs et provoqué une nouvelle panique. Plusieurs habitants ont fui vers la brousse par peur, a expliqué ce témoin.
À ce jour, le bilan est d’un mort et de deux blessés. Selon les habitants, ce type de comportement devient récurrent. Ils estiment que les éléments des FACA devraient être strictement encadrés et cantonnés dans leurs bases afin d’éviter de nouveaux drames.
Face à cette situation alarmante, les autorités locales sont désormais interpellées avec insistance. La population de Ndim, déjà éprouvée par des années d’insécurité, attend des mesures concrètes et immédiates pour restaurer la confiance et garantir la protection des civils.
Il devient urgent que toute la lumière soit faite sur ces événements, que les responsabilités soient clairement établies et que les auteurs répondent de leurs actes conformément à la loi.
Oloria Sang

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