En Centrafrique, dans un contexte marqué par le chômage et la pauvreté, certains jeunes, pour survivre, se lancent dans la pratique de petits métiers. C’est le cas, par exemple, de Samuel Dibanza, qui s’impose progressivement comme une référence de la coiffure dans son quartier.
À 25 ans, mesurant 1,60 m, Sam Barber Shop, de son nom de famille Samuel Dibanza, n’a rien d’un entrepreneur ordinaire au départ. Derrière son regard rempli d’enthousiasme et de détermination se cache une histoire de réussite glorieuse, composée de débrouillardise et d’ambition silencieuse. Dès son plus jeune âge dans son quartier, son nom circule aujourd’hui comme une figure de la coiffure.
« Je le trouve impeccable ! Il a du talent. Admirez un peu son œuvre sur ma tête. Et d’ailleurs, en ce qui concerne le rapport qualité-prix, je trouve que c’est abordable. Pour moi, on ne trouve pas mieux que Sam Barber », a témoigné Christopher, l’un des clients de Sam.
Pourtant, tout a commencé modestement, presque par nécessité. Au départ, plus précisément en 2015, lors de la grande crise économique qui a secoué sa famille, comme beaucoup de jeunes confrontés à la précarité, Sam aurait pu céder et abandonner ses activités. Mais il a choisi une autre voie. Passionné de coiffure depuis l’enfance, il décide de mettre à profit ce talent encore brut pour soulager les siens.
Il commence par coiffer ses proches dans un cadre informel, sans prétention. Très vite, le bouche-à-oreille opère. Ses gestes deviennent plus sûrs, sa clientèle s’élargit, et ce qui n’était qu’un simple coup de main familial se transforme progressivement en une activité rémunératrice, lui permettant de gagner plus de 500 000 francs CFA par mois.
En 2020, déterminé à se professionnaliser, il crée un salon de coiffure qu’il bâtit à son nom : « Sam Barber Shop ». Une étape décisive. Sam y apprend bien plus que des techniques : il découvre la gestion, la relation clientèle, la discipline quotidienne et les bases d’un commerce structuré. Cette immersion lui donne une vision nouvelle : celle d’un métier capable de créer de la valeur et de changer des trajectoires de vie.
Mais Sam ne s’arrête pas à sa propre réussite. En observant son environnement, il constate un manque criant d’opportunités pour les jeunes. Là où certains voient une fatalité, lui voit une mission.
« L’idée que j’ai eue vient de l’extérieur du pays. En voyant le niveau actuel de mes confrères coiffeurs, qui sont souvent limités aux coiffures traditionnelles, je me suis dit : pourquoi ne pas aller vers la tendance, en s’inspirant du plan international, en particulier des États-Unis d’Amérique, d’où l’appellation Barber Shop, consacrée aux coiffures modernes. » A-t-il déclaré.
Installé dans un espace de 15 m², le salon casse les codes traditionnels. Trois postes pour hommes et garçons, deux pour femmes et filles, et surtout deux espaces dédiés aux jeux vidéo. Un concept hybride, à la croisée de la beauté et du divertissement. Ici, l’attente devient une expérience. Résultat : environ 200 clients par mois et une activité gaming qui totalise 120 heures mensuelles.
Avec un chiffre d’affaires mensuel d’environ 500 000 francs CFA, pour des charges de 260 000 francs CFA, Sam a déjà posé les bases d’un modèle rentable. Mais pour lui, ce n’est qu’un début. Il voit plus loin, beaucoup plus loin.
Son ambition est de transformer son salon en un véritable centre moderne de coiffure et de formation : agrandir les espaces, créer une section dédiée aux enfants, développer davantage l’activité sociale et surtout transmettre son savoir.
BVIII Pappus Héritier

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