La mairie du 8e arrondissement de Bangui vibre depuis ce mercredi, 25 mars 2026 au rythme d’un événement porteur d’espoir : la remise de 4100 actes de naissance aux enfants enregistrés lors de la seconde campagne de rattrapage initiée par le ministère de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement Local (MATDDL). Cette initiative, financée par l’Union européenne et exécutée par CIVIPOL, marque une avancée majeure dans la lutte contre l’absence d’identité légale pour des milliers d’enfants centrafricains.

Depuis plusieurs années, de nombreux enfants en République centrafricaine grandissent sans acte de naissance, privés d’une identité légale et des droits qui en découlent. Conscient de cette situation, le MATDDL, avec l’appui du ministère de la Justice, de la Promotion des Droits Humains et de la Bonne Gouvernance, a lancé une vaste campagne de sensibilisation et d’enregistrement tardif des naissances.

En octobre 2025, 2 980 actes de naissance avaient déjà été remis aux ayants droit. Entre octobre et décembre de la même année, plus de 4 100 enfants supplémentaires sans acte de naissance ont été enregistrés à l’état civil. À partir du 25 mars 2026, ces derniers reçoivent leurs actes de naissance au centre secondaire d’état civil de la mairie du 8e arrondissement. Les parents concernés peuvent retirer les documents entre 8h30 et 14h, une organisation pensée pour faciliter l’accès à ce service essentiel.

Lors de la cérémonie de remise des actes de naissance, Jean Symphorien Ngama-Piault, Directeur Général de la Décentralisation et de l’Etat Civil au MATDDL, a pris la parole pour rappeler l’importance de cette démarche : « Au mois de janvier, le ministre de l’administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement Local avait lancé officiellement une campagne d’enregistrement des naissances à l’état civil. Et aujourd’hui, nous sommes réunis ici au sein de la mairie du 8e arrondissement pour procéder à la remise officielle aux ayants droit. C’est une fierté et un honneur pour moi de représenter le département et de participer à cette remise. »

Il a insisté sur le rôle fondamental de l’acte de naissance dans la reconnaissance légale des citoyens : « Le gouvernement veut que toute personne vivant en République centrafricaine soit reconnue et bénéficie d’une existence légale. Avec l’appui financier de l’Union européenne, nous avons procédé à cette campagne de rattrapage. Désormais, surtout le territoire, l’enregistrement des naissances est gratuit. Nous demandons à tous les parents dont les enfants ont entre 0 et 6 mois de se rendre dans les centres d’état civil pour les enregistrer. Cela donnera droit à ces enfants à l’éducation, à la santé et à bien d’autres avantages.»

Parmi les bénéficiaires présents, Matilde Wen-Youna, habitante du quartier Galabadja dans le 8e arrondissement, a exprimé son émotion et sa gratitude : « Je tiens à exprimer toute ma gratitude au gouvernement et à l’Union européenne pour ce projet qui m’a permis d’obtenir gratuitement l’acte de naissance de mon enfant. C’est un grand soulagement pour moi et pour ma famille, car ce document est essentiel pour l’avenir de mon enfant. Grâce à cette initiative, je me sens rassurée et fière de savoir que mon enfant pourra jouir pleinement de ses droits. Merci infiniment pour ce geste qui change nos vies.»

Son témoignage illustre l’impact concret de cette campagne sur la vie des familles, souvent

Son témoignage illustre l’impact concret de cette campagne sur la vie des familles, souvent confrontées à des obstacles administratifs et financiers pour obtenir ce document indispensable. L’acte de naissance est bien plus qu’un simple papier. Il constitue la première reconnaissance officielle de l’existence d’un individu. Sans lui, un enfant peut se voir refuser l’accès à l’école, aux soins de santé ou encore à la protection juridique. En République centrafricaine, où de nombreux enfants grandissent sans identité légale, cette campagne représente une avancée majeure vers l’inclusion et la citoyenneté.

Le projet financé par l’Union européenne et exécuté par CIVIPOL s’inscrit dans une dynamique de modernisation de l’État civil, pilier de la gouvernance et de la protection des droits humains. En garantissant à chaque enfant une identité légale, le gouvernement centrafricain et ses partenaires internationaux posent les bases d’une société plus juste et équitable.

Cette campagne témoigne d’une mobilisation collective. Les autorités locales, les partenaires internationaux et les communautés travaillent main dans la main pour que plus aucun enfant ne soit laissé pour compte. La mairie du 8e arrondissement, en accueillant la remise des actes de naissance, devient un symbole de cette coopération fructueuse.

La remise des actes de naissance à Bangui n’est pas seulement une cérémonie administrative. C’est un acte de justice sociale, un pas vers l’égalité et la dignité pour des milliers d’enfants. Les propos du Directeur Général Jean Symphorien Ngama-Piault et le témoignage de Matilde Wen-Youna rappellent que derrière chaque document remis se cache une histoire, une famille et un avenir désormais sécurisé.

Avec le soutien de l’Union européenne et l’engagement du gouvernement centrafricain, la République centrafricaine avance vers un objectif ambitieux et vital : garantir à chaque enfant une identité légale et les droits qui en découlent.              

  Dieu Beni Anderson Kabou