À Bangui, l’opération de déguerpissement menée par la police municipale se poursuit et suscite de vives réactions. Si les autorités justifient cette action par une volonté d’assainir la capitale à l’approche de l’investiture du chef de l’État prévue le 30 mars 2026, sur le terrain, les populations affectées dénoncent des conditions difficiles et un manque de préavis.

Depuis plusieurs jours, plusieurs quartiers de la capitale sont concernés par cette opération visant à libérer les espaces publics et les abords des grandes artères, notamment l’avenue des Martyrs. Parmi les zones touchées figurent les alentours de l’Hôpital Communautaire de Bangui, où de nombreux vendeurs exerçaient leurs activités.

Pour ces commerçants, les conséquences sont lourdes. Esther Natayo, vendeuse installée devant l’hôpital, déplore la manière dont l’opération a été menée. Selon elle, aucune information préalable n’a été donnée :

« Les policiers et les agents municipaux sont venus détruire nos marchandises sans pour autant nous avertir. Nous avons presque tout perdu, c’est pourquoi nous sommes venus nous installer à l’ENS avec les rescapés. Encore à l’ENS, les responsables ne veulent pas de nous. Alors que nous sommes de bons citoyens, nous avons même voté et nous aimons la Septième République. S’il y avait un tel déguerpissement, il aurait été préférable de nous avertir, mais ils sont venus nous chasser comme si nous étions des rebelles. »

Même inquiétude chez Arlette Lydia WAPI, qui souligne les difficultés sociales engendrées par cette situation : sss« Que deviendrons-nous si nous ne vendons plus ici ? Nous n’avons pas de travail. Entre-temps, nous avons des enfants, et c’est une grande responsabilité. Il faut que le gouvernement nous trouve un endroit de vente. Et je m’inquiète pour mes frères, car ils peuvent devenir des voleurs. »

Si les autorités poursuivent un objectif d’ordre et de modernisation de la ville, cette opération met en lumière les réalités sociales auxquelles font face de nombreux citoyens. Pour plusieurs observateurs, la réussite de cette initiative passe aussi par la mise en place de mesures d’accompagnement, notamment l’aménagement d’espaces de vente adaptés pour les populations impactées.  Ezechiel Le Bonheur Yembe Gana