Le Ministre contrôleur général du secteur parapublic, Roméo Gribingui, a réagi à une publication dans laquelle il est accusé d’avoir signé un document présenté comme la pièce maîtresse d’une fraude qui aurait permis à l’ancien directeur général de l’ONASPORT de détourner une somme de 10 millions de francs CFA. Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction, Roméo Gribingui a fermement rejeté ces accusations. Il affirme qu’il s’agit d’une affaire « montée de toutes pièces » pour ternir son image ainsi que celle de l’institution qu’il dirige.

Oubangui-Médias : Monsieur le Ministre, bonjour. Une publication qui circule actuellement sur les réseaux sociaux vous accuse d’avoir signé un document présenté comme la pièce maîtresse d’une fraude qui aurait permis à l’ancien Directeur général de l’ONASPORT de détourner une somme de 10 millions de francs CFA. Quelle est votre réaction face à ces accusations ?

Roméo Gribingui :  Alors déjà, je tenais à vous remercier du fait que vous me tendez votre micro en cet après-midi pour apporter des éléments d’éclaircissement face à cette allégation qui a été mise en ligne par une page Facebook, faisant état d’un cas de présumé détournement au niveau de l’ONASPORT avec un montant qui a été annoncé et dont j’ai été cité nommément comme étant l’un des acteurs ayant favorisé ce présumé cas de détournement. Alors j’agis d’abord en double qualité, en tant que ministre contrôleur général du secteur parapublic, mais également en tant que président du conseil d’administration par intérim de l’ONASPORT, au même titre que certains conseils d’administration dont le mandat arrive à expiration, des entreprises d’établissement public.

Quand j’ai pris connaissance de cette allégation, j’ai pris un peu de recul et après je me suis dit, il y a lieu d’éclairer la lanterne du grand public. Une des précisions que je peux apporter, depuis février 2022, suite aux hautes instructions du chef du Gouvernement, le contrôle général a procédé à une réforme clé et aussi c’est un souhait des partenaires techniques et financiers. Durant des années, plus de huit ans, nous étions dans un dispositif de contrôle a priori. C’est-à-dire que dans les entreprises d’établissement public, quand il fallait retirer de l’argent sur le compte bancaire, il fallait passer par la Primature.

Donc tous les documents comptables et financiers qu’on appelle programmes d’emploi transitent par le cabinet du contrôle général du secteur parapublic qui travaille ça en interne. Ensuite, soumet à la signature du chef du Gouvernement une autorisation de décaissement. Et donc ce mécanisme a duré pendant huit ans parce que ça fait suite à une instruction présidentielle qui date de janvier 2014. Il y a un nouveau Premier ministre qui arrive et suivant la vision du président de la République, nous a instruit à revoir ce mécanisme. Donc, il permet maintenant au contrôle général d’être dans un dispositif de contrôle a posteriori. Quand les entreprises engagent les dépenses, les programmes d’emploi sont traités en interne et l’autorisation de décaissement est désormais soumise à la signature du président du conseil d’administration. Et donc nous, on vient derrière pour un contrôle à posséder. C’est ce que nous avons fait depuis février 2022.

Parmi la vingtaine des entreprises et établissements publics, il y a aussi l’ONASPORT. Et donc ça nous a permis maintenant de nous repositionner dans un dispositif de contrôle a priori. C’est-à-dire que ces entités concernées, quand ils montrent les programmes d’emploi qui sont des documents comptables et financiers, envoient d’abord au contrôle général qui exploite en interne, voit la moralité des dépenses, etc., avant de pouvoir signer l’autorisation de décaissement. Et en aucun moment, on peut être de connivence avec un directeur général d’une entité, que ce soit un office public, une entreprise publique, en vue de valider ce document qui est très important, puisqu’il n’y a pas que le contrôle général qui agit, il y a aussi l’inspection générale d’État. Il y a aussi l’inspection générale des finances, il y a aussi la cour des comptes qui peuvent aussi vérifier l’authenticité des pièces et puis le mécanisme aussi a été respecté en vue de cette validation.

Donc tout ça sont des allégations puisque les plus hautes autorités, les autres collègues avec qui nous travaillons connaissent ou reconnaissent en nous cette rigueur dans le traitement des dossiers.

Oubangui-Médias : Quelle est, selon vous, la véritable version des faits ?

Roméo Gribingui : Il appartient à ceux qui apportent cette accusation d’en apporter les preuves. J’ai été informé qu’il y a un contrat qui existe entre Bocom, qui est une société de distribution de carburant au niveau de Centrafrique et qui s’est installée dans le domaine de l’État, gérée par Onasport, c’est-à-dire au niveau du stade Omnisport. Donc il y aurait ce contrat qui permet à Bocom, puisque c’est une location versée directement à l’Onasport, ce n’est pas versé au DG, qui est une personne physique, mais sur le compte de l’office. Et si c’est le cas, puisque aujourd’hui je ne peux pas vous confirmer si effectivement les 10 millions ont été versés, parce qu’il nous faut aussi procéder à un contrôle au niveau de la banque pour voir si effectivement les 10 millions ont été versés sur le compte de l’ONASPORT.

Oubangui-Médias : L’accusation est portée, mais aujourd’hui, qu’est-ce que vous allez faire ?

Roméo Gribingui : Je pense que la première des choses à faire, c’est d’abord échanger avec la presse en vue d’étayer la lanterne du grand public. Mais avant cela, je tenais aussi à apporter à votre connaissance, nous en tant qu’organes de contrôle des entreprises d’établissement public, suite à la suspension du DG de l’ONASPORT et la nomination d’un nouveau DG intérimaire, nous avons pris des mesures conservatoires.

Nous avons saisi directement la banque, la seule banque où sont domiciliées les ressources de l’office de l’ONASPORT, qui est la BGFI, en vue de bloquer toute opération sur ce compte jusqu’à un retour normal à l’ordre. Et donc ça, c’est une information que je tenais à vous porter parce qu’on l’a fait depuis la semaine dernière. Et donc je suis étonné aujourd’hui de savoir qu’on est cité dans une affaire montée de toutes pièces en vue de ternir l’image de l’institution que nous avons la lourde responsabilité de conduire.

Oubangui-Médias : Monsieur le ministre, Merci !

Roméo Gribingui : Je vous remercie, monsieur le journaliste.

Interview réalisée par Déus Gracias Tchémanguéré