Le Centre de Rééducation pour les Handicapés Moteurs (CRHAM) commence à lever certaines contraintes liées au manque d’équipements spécialisés. L’établissement a reçu de l’ambassade de France en République centrafricaine une machine appelée cuve d’eau chaude, destinée à améliorer la prise en charge des personnes souffrant de malformations osseuses et d’autres affections nécessitant un appareillage orthopédique.

La présentation officielle de ce matériel a eu lieu le vendredi 19 juin à Bangui. Cette dotation intervient dans un contexte où les besoins en équipements spécialisés se font fortement ressentir. C’est dans cette optique que l’ambassade de France a décidé d’appuyer le CRHAM, un centre à caractère confessionnel catholique, en lui offrant cette machine qui permettra notamment la fabrication d’appareillages orthopédiques et de plâtres rapides pour les enfants comme pour les adultes, tout en remplissant plusieurs autres fonctions thérapeutiques.

Cet équipement contribuera à renforcer les capacités du centre dans l’accomplissement de sa mission au service de la communauté. Depuis plusieurs années, la rééducation des patients s’effectuait avec des moyens limités et des méthodes parfois rudimentaires. L’arrivée de cette machine marque ainsi une avancée importante vers une prise en charge plus moderne et plus professionnelle.

Pour de nombreux patients, ce don représente un véritable soulagement. C’est le cas de Jean-Marie Chicotte, pasteur de l’Église Ministère International d’Évangélisation (MIE), victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

« Ce centre de rééducation nous a beaucoup aidés. J’étais paralysé et, après mes premiers traitements, les médecins m’ont orienté vers le CRHAM pour la suite de ma prise en charge. Lorsque je suis arrivé ici, les choses se sont très bien passées et aujourd’hui j’ai recommencé à marcher. Je prie Dieu de protéger ce centre », a-t-il témoigné.

L’appui de l’ambassade de France ne s’est pas limité à la fourniture de l’équipement. Elle a également fait venir de France une spécialiste, Louise Mariez, ergothérapeute, en mission pour dix jours afin de former le personnel du centre à l’utilisation de la nouvelle machine. Cette initiative vise à renforcer les compétences locales et à améliorer davantage la qualité des soins offerts aux patients.

Parmi les bénéficiaires de cette formation figure Enoch Ndoma-Kema, employé du CRHAM. Après plusieurs jours d’apprentissage, il se dit désormais capable d’utiliser efficacement l’équipement.

« Cette formation va me permettre d’aider les patients souffrant de malformations des bras ou des jambes. Grâce à cet équipement, ils auront davantage de chances de retrouver l’usage de leurs membres. Aujourd’hui, je suis capable d’utiliser cette machine », a-t-il affirmé.

La responsable du centre, sœur Agnès Nandey, a salué ce geste généreux de l’ambassade de France, qui contribue à améliorer les services du CRHAM. Elle a toutefois souligné que de nombreux défis restent à relever pour répondre aux besoins croissants des patients. À cet effet, elle a lancé un appel aux personnes de bonne volonté afin de soutenir davantage le centre dans ses actions.

De son côté, Louise Mariez s’est dite heureuse de participer à cette mission en République centrafricaine, une expérience qui lui permet de découvrir les réalités de la rééducation dans le pays et de partager son expertise avec les professionnels locaux.

Le CRHAM constitue aujourd’hui un acteur majeur de la rééducation fonctionnelle à Bangui. Chaque mois, le centre accueille entre 80 et 100 patients souffrant de diverses pathologies ou malformations nécessitant un suivi spécialisé.

Les tarifs des consultations varient selon l’âge des patients. Pour les enfants, la consultation est fixée à 250 francs CFA, tandis qu’elle est de 1 500 francs CFA pour les adultes. Les séances de rééducation sont également payantes : 250 francs CFA par séance pour les enfants et 1 000 francs CFA pour les adultes.

Toutefois, une difficulté majeure demeure : la concentration des structures spécialisées à Bangui. Dans de nombreuses localités de l’intérieur du pays, les personnes souffrant de malformations ou de handicaps moteurs ont encore un accès très limité aux soins de rééducation.

La mise en place d’une politique nationale qui favorise l’implantation de services similaires dans les provinces permettrait d’offrir les mêmes opportunités de prise en charge à l’ensemble de la population centrafricaine.

Cette donation constitue ainsi une bouffée d’oxygène pour de nombreux patients de Bangui, souffrant de malformations osseuses et d’autres affections nécessitant un appareillage orthopédique.

Dans un contexte marqué par un besoin accru de cet appareil, le Centre de Rééducation pour les Handicapés Moteurs (CRHAM) doit en faire bon usage et assurer une bonne maintenance.    Caleb Zimango Bango