Le Gouvernement Centrafricain à travers le Ministère de la Défense Nationale et celui de l’Intérieur Chargé de la Sécurité Publique a lancé un avis de recrutement de 250 gendarmes et 250 policiers pour l’exercice de 2024-2025 depuis le 07 mai 2024 et fixe la date de clôture du dépôt des dossiers au 20 mai prochain. Mais jusque-là rien n’est encore fait dans les écoles de la gendarmerie et de la police. Les Centrafricains se disent abandonner à leurs tristes sorts car aucun dossier n’est encore enregistré jusqu’aujourd’hui. Oubangui Médias est allé à leur rencontre ce lundi, 13 mai 2024. 

Il est 12 heures, nous sommes à l’école de la gendarmerie nationale à Kolongo, la liste des dossiers à fournir pour le test est affichée au babillard. Ornella, habitante du quartier Cité de la Paix se dit abandonner et rappelle que les fiches d’inscription ne sont pas encore disponibles selon certaines sources proches : « Nous sommes ici à l’école de la gendarmerie depuis 4 heures du matin jusqu’à présent, on ne nous reçoit même pas. Les gendarmes qui sont ici surplace ne sortent même pas pour nous donner une information adéquate. Nous sommes abandonnés à nos tristes sorts et selon certaines sources qu’on a contacté nous rassurent que les fiches d’inscriptions ne sont pas encore disponible» a-t-elle fait mention.

Sergi, s’inquiète de cet avis de recrutement lancé par le gouvernement : « Je suis venu déposer mon dossier pour le test d’entrée à l’école de la gendarmerie parce que le gouvernement a lancé un avis de recrutement de 250 gendarmes et 250 polices récemment, mais malheureusement nous sommes là depuis 3 heures avec nos dossiers en main, on ne nous reçoit même pas je ne sais pas si le gouvernement se plaisante seulement pour lancer cet avis de recrutement. Nous sommes vraiment tristes. Nous demandons aux autorités de faire une descente sur le terrain pour voir la réalité du terrain», a-t-il souhaité en ces termes.

De l’école de la gendarmerie nationale en passant par l’école nationale de police au Pk10 à la sortie Nord de Bangui :

Un autre candidat souligne certaines pratiques inhumaines de certains policiers sous couvert de l’anonymat avec l’air serein : « On n’est venu depuis 4 heures pour déposer nos candidatures pour le corps de la police, mais les policiers qui sont ici se disent étonnés en nous voyant venir en masse aujourd’hui et ils ont refusé de prendre nos dossiers tout en disant qu’ils sont sous-informés. Par contre, je vois certaines personnes viennent avec leurs parents et entrent tranquillement dans la clôture de l’école de la police pour déposer leurs dossiers. Mais nous allons faire quoi dans ce pays finalement, nous les sans familles qu’est-ce qu’on va faire ? » S’interroge-t-il.

Cette candidate quant à elle refuse de montrer son identité mais s’indigne aussi : « On était dans la joie en écoutant le communiqué du gouvernement pour le recrutement de 250 policiers, nous estimons que nous allons enfin trouver du travail, mais tel n’est pas le cas. J’ai quitté le village Guèrèngou sur la route de Damara depuis 3 heures pour arriver ici à 4 heures mais jusqu’à 13 heures, nous sommes là sous le soleil, dans la poussière. Personne n’est venu nous éclairer sur ce que nous allons faire et il parait que les policiers reçoivent les gens d’une manière clandestine ce n’est pas bien nous sommes tous des Centrafricains, il faut qu’on nous dise la vérité comme ça on cesse de venir ici. »

Rappelant que le journal Oubangui Médias s’est approché de certains policiers qui sont à la guérite de l’école nationale de la police, ceux-ci rassurent qu’ils n’ont pas reçus de l’ordre du gouvernement ni de la direction générale de la police pour prendre les dossiers des candidats. Donc eux même ils se disent étonner que les candidats viennent vers eux.            Dieu Beni Anderson KABOU