Un secteur en pleine expansion qui confirme l’essor du numérique de la République centrafricaine. Le dernier rapport de l’ARCEP Centrafrique consacré à l’Observatoire des Marchés pour le second semestre 2025 met en lumière une évolution remarquable du secteur des communications électroniques.

Dans un pays où les infrastructures restent fragiles et les défis nombreux, les chiffres publiés témoignent pourtant d’un dynamisme inédit et d’une accélération de la transition numérique. Le marché mobile continue de progresser, porté par une adoption massive des services de communication et une demande croissante en connectivité.

La République centrafricaine compte désormais 3,64 millions d’abonnés mobiles, soit une croissance de plus de 13 % en un an. Cette progression confirme la place centrale du téléphone portable dans la vie quotidienne des Centrafricains. Le prépayé domine largement le marché, un modèle qui correspond aux réalités économiques du pays et à la flexibilité recherchée par les utilisateurs. Cette tendance est similaire à celle observée dans de nombreux pays africains où le mobile constitue la principale porte d’entrée vers les services numériques, en l’absence d’un réseau fixe suffisamment développé.

L’usage d’Internet connaît une croissance encore plus spectaculaire. Avec 1,49 million d’utilisateurs, le pays enregistre une hausse de près de 25 % en un an. Cette progression est portée par la démocratisation des smartphones, la baisse progressive du coût des données dans la sous-région et l’essor des plateformes sociales, devenues incontournables pour la communication, l’information et les activités économiques. Cette dynamique s’inscrit dans une tendance mondiale où la consommation de données explose, notamment dans les pays émergents où l’Internet mobile supplante largement les infrastructures filaires.

Le secteur des communications électroniques génère désormais 39 milliards de FCFA de chiffre d’affaires global. Ce niveau de revenus, bien que modeste comparé aux marchés plus matures, confirme le rôle stratégique du numérique dans l’économie nationale. Les opérateurs poursuivent leurs investissements dans l’amélioration de la qualité de service, l’extension des réseaux et la diversification des offres. À l’échelle internationale, les revenus des télécoms évoluent selon les cycles d’investissement et les ajustements tarifaires, mais la RCA se distingue par une croissance régulière malgré un contexte économique contraint.

Les services à valeur ajoutée poursuivent également leur progression, avec 620 000 utilisateurs recensés. Le Mobile Money domine largement ce segment et représente désormais 92 % des usages. Ce service, devenu essentiel dans la vie économique, facilite les transactions, renforce l’inclusion financière et pallie l’insuffisance des infrastructures bancaires traditionnelles. Cette tendance rejoint celle observée dans des pays pionniers comme le Kenya ou le Ghana, où les services financiers mobiles ont profondément transformé les pratiques économiques.

Le volume de SMS échangés dépasse 1,13 milliard sur la période. Malgré la montée en puissance des applications de messagerie instantanée, le SMS demeure un outil incontournable, notamment pour les services administratifs, les notifications bancaires et les communications essentielles. Cette résilience du SMS est également observée dans plusieurs pays africains où les services OTT ne remplacent pas totalement les usages traditionnels.

L’ensemble de ces indicateurs montre que la République centrafricaine, grâce à la vision éclairée du Président Faustin Archange Touadera, entre dans une phase d’accélération numérique.

Les défis restent nombreux, notamment en matière de couverture réseau, de coût de l’Internet et de stabilité énergétique. Cependant, la progression est réelle et mesurable. Les expériences internationales démontrent que les pays qui investissent dans le numérique voient leur économie se transformer plus rapidement, grâce à l’e-administration, à l’éducation numérique, aux services financiers mobiles et à l’émergence d’un entrepreneuriat digital dynamique.

Les résultats du second semestre 2025 confirment que le numérique n’est plus un simple outil de communication, mais un véritable levier de développement. Il devient un facteur d’inclusion, un moteur de modernisation et un pilier de la transformation économique et sociale de la République centrafricaine. Le pays avance, progressivement mais sûrement, vers une économie numérique émergente, portée par une population jeune, connectée et avide d’opportunités qui crois à la vision de Son Excellence, Professeur Faustin Archange Touadera, tourné vers le numérique comme secteur de l’avenir du pays.

Fridolin Ngoulou