La scène politique centrafricaine vient de connaître un nouvel épisode marquant avec la reconduction de Félix Moloua au poste de Premier ministre. Une décision qui, loin de susciter des critiques, a été accueillie avec satisfaction par l’Union des Forces Démocratiques de l’Opposition (UFDO). Son président, Eddy Symphorien Kparekouti, a livré un message fort, empreint de réalisme et d’ouverture, qui mérite une analyse approfondie.
Une nomination jugée rationnelle selon le Président de l’UFDO
Pour l’UFDO, la reconduction de Félix Moloua n’est pas le fruit du hasard. Eddy Symphorien Kparekouti insiste sur le caractère rationnel de cette décision, fondée sur la compétence, l’expérience et les réalisations du Premier ministre. Selon lui, « il ne s’agit pas de nommer des hommes au hasard », mais de miser sur ceux qui maîtrisent les réalités du pays et sont capables de relever les défis majeurs.
Cette reconnaissance venant de l’opposition est significative. Elle traduit une volonté de dépasser les clivages traditionnels pour privilégier l’intérêt national. Dans un pays où les crises politiques ont souvent été alimentées par des tensions entre pouvoir et opposition, ce geste ouvre la voie à une nouvelle dynamique.
Eddy Symphorien Kparekouti rappelle que Félix Moloua n’en est pas à son premier mandat : c’est la troisième fois que le président de la République lui renouvelle sa confiance. Ce choix s’explique par un bilan jugé solide. Parmi les réalisations mises en avant :
La Constitution du 30 août 2023 : malgré les contestations initiales, elle a été adoptée à travers un référendum apprécié par les Centrafricains et reconnu par la communauté internationale ; les élections groupées du 25 décembre 2025 : un processus électoral incertain, mais structuré grâce à la mise en place d’un comité stratégique qui a renforcé les capacités de l’Autorité Nationale des Élections (ANE) ; les initiatives économiques : organisation de forums au Maroc et en République centrafricaine, favorisant le retour de chefs d’État étrangers malgré les défis sécuritaires.
Ces actions, selon l’UFDO, témoignent de la capacité de Félix Moloua à s’imposer comme un acteur clé du développement et de la stabilité nationale.
L’un des points les plus marquants du discours de Kparekouti est la posture adoptée par l’UFDO : une opposition constructive. Loin de se limiter à la critique, le parti se dit prêt à accompagner le Premier ministre dans ses tâches, à soutenir les projets bénéfiques pour le peuple et à proposer des alternatives lorsque cela est nécessaire.
Cette approche traduit une maturité politique rare dans le contexte centrafricain. Kparekouti souligne que les crises du pays trouvent souvent leur origine dans les élections, où opposition et pouvoir s’affrontent sans compromis. Tirant les leçons du passé, l’UFDO prône désormais la collaboration et le contrôle démocratique, afin d’éviter de nouvelles turbulences.
Le président de l’UFDO insiste sur un point essentiel : la défense des intérêts du peuple. Pour lui, la satisfaction de l’opposition est le reflet de celle du peuple, puisque l’opposition démocratique se veut son porte-voix. Il appelle à ce que les programmes sociaux soient davantage orientés vers l’amélioration du quotidien des Centrafricains.
Cette vision met en avant la nécessité d’un changement tangible dans la vie des citoyens, au-delà des discours politiques. L’UFDO se positionne ainsi comme un partenaire vigilant, prêt à soutenir les initiatives qui favorisent le développement et à dénoncer celles qui s’écartent des aspirations populaires.
Le message de Kparekouti se conclut sur une note de sagesse : la paix. Pour lui, elle commence par les opposants eux-mêmes, qui doivent cultiver l’esprit de tolérance et de respect entre Centrafricains. Il appelle la population à suivre cette voie, afin de garantir la stabilité et le développement du pays.
Dans un contexte où la République centrafricaine a longtemps été marquée par des conflits internes, cette déclaration résonne comme un appel à la responsabilité collective. La paix, selon l’UFDO, est la condition sine qua non de tout progrès.
La reconduction de Félix Moloua et le soutien affiché par l’UFDO pourraient marquer un tournant dans la vie politique centrafricaine. Si cette dynamique de coopération se confirme, elle pourrait contribuer à réduire les tensions et à instaurer un climat propice au développement.
Bien entendu, les défis restent nombreux : organisation des prochaines élections, consolidation des institutions, amélioration des conditions de vie, et maintien de la sécurité. Mais l’attitude constructive de l’opposition ouvre une fenêtre d’espoir.
La déclaration d’Eddy Symphorien Kparekouti sur la reconduction de Félix Moloua dépasse le simple commentaire politique. Elle illustre une volonté de bâtir une opposition responsable, consciente des enjeux et déterminée à œuvrer pour le bien-être du peuple. Dans un pays où les crises électorales ont souvent fragilisé la démocratie, ce positionnement pourrait contribuer à écrire une nouvelle page de l’histoire politique centrafricaine.
Dieu Béni Anderson Kabou

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