En République centrafricaine, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) entend contribuer à la prévention et à la gestion des conflits. À cet effet, elle organise du 18 au 20 mai, un atelier de renforcement des capacités des membres des institutions judiciaires sur la médiation et la résolution des conflits.

L’atelier a été ouvert par Gervais Francis Voyémakoa, chargé de mission et représentant du ministre d’État à la Justice. Dans son allocution, il a rappelé les attentes du gouvernement vis-à-vis de cette initiative.

« C’est important pour le gouvernement, notamment avec la mise en place de la Cour pénale spéciale (CPS) et de la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CVJRR), deux mécanismes de justice transitionnelle. Il s’agit maintenant de les outiller sur les mécanismes pratiques de médiation. Cela va faciliter le travail des acteurs impliqués dans ce processus afin d’aider les citoyens et les victimes à obtenir une satisfaction morale, mais également matérielle. Les attentes sont que les participants soient capables d’aller vers les populations touchées, surtout les victimes, pour les accompagner à traverser ces moments difficiles et obtenir justice après tout ce qu’elles ont vécu », a-t-il déclaré.

Du côté de l’OIM, Mohamed Kamara, chef de programme de l’organisation, a indiqué que cette initiative constitue une réponse aux violences qu’a connues le pays.

« C’est précisément pour contribuer aux efforts de ces deux institutions dans la réduction de l’impunité que l’OIM et le HCR, avec le financement du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix (PBF), organisent cet atelier de renforcement des capacités sur la médiation et la gestion des conflits. Cette initiative repose sur une conviction forte : il n’y aura pas de paix sans justice », a-t-il affirmé.

Cette rencontre a réuni une trentaine de participants. majoritairement issus de la Cour pénale spéciale (CPS) et de la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CVJRR). Ils ont été outillés sur les approches de médiation et de résolution des conflits adaptées au contexte de la justice transitionnelle.

Pour les responsables de ces deux institutions, cette formation représente également une opportunité de renforcer leur collaboration. C’est ce qu’a souligné Olivier Beauvalet, vice-président de la Cour pénale spéciale.

« Il est important d’organiser cette formation parce que la CVJRR et la CPS ont des mandats très précis, très techniques et complémentaires. Si le gouvernement centrafricain a créé simultanément une CPS et une CVJRR, c’est qu’il existait un besoin important en matière de justice transitionnelle. Cette formation permettra de renforcer les liens entre les deux institutions, mais aussi de développer les compétences nécessaires pour faire émerger la vérité, recueillir la parole des victimes, la comprendre et la synthétiser afin d’aboutir à un rapport », a-t-il expliqué.

Cet atelier est organisé dans le cadre du projet intitulé : « Réduire les tensions et renforcer la cohésion sociale entre les retournés et les communautés hôtes à travers l’accès aux pièces d’identité, aux moyens de subsistance et au processus de justice transitionnelle », mis en œuvre par l’OIM en collaboration avec le HCR.

Déus Gracias Tchémanguéré