Le Centre international pour le développement de l’éthique du leadership (CIDEL), en partenariat avec Coworkers, a organisé du 14 au 15 mai 2026 à Bangui une formation à l’intention des leaders pastoraux et familiaux, des enfants spirituels ainsi que de l’Alliance des Églises en Centrafrique (AEC).
Placée sous le thème : « Relier les cœurs », inspiré du livre de Malachie 4:6, cette session vise à renouveler l’intelligence des participants afin qu’ils prennent conscience de leur rôle et de leur importance dans la société.
Durant deux jours, les participants ont été outillés sur plusieurs thématiques, notamment la gestion des conflits intergénérationnels dans les couples pastoraux, ainsi que le rôle des enfants de pasteurs dans la préservation de la foi et le soutien à leurs parents.
Selon les organisateurs, les conflits entre parents pasteurs — père et mère — et leurs enfants, qu’ils soient adolescents, jeunes ou adultes, sont devenus fréquents en raison des mutations sociales, psychologiques et spirituelles qui affectent les deux générations. Le contexte socioculturel moderne, marqué par l’individualisme, la sécularisation et l’accélération des changements sociaux, accentue davantage ces tensions.
Sur le plan psychologique, le passage à l’âge adulte est souvent marqué par la quête d’autonomie et les remises en question identitaires propres à l’adolescence. Les causes psychologiques et développementales poussent progressivement l’enfant à quitter la protection parentale et à tester ses limites.
Ces conflits ont un impact majeur sur les familles pastorales et au-delà. Les disputes répétées fragilisent la communication et la confiance entre parents et enfants.
Pour Emmanuel Dolo, pasteur-directeur du CUEGDL, les conflits familiaux ont des répercussions graves : « Dans les conflits familiaux, il y a l’isolement des adolescents, le décrochage scolaire ou spirituel, voire la délinquance ou le suicide. Ils peuvent également miner la crédibilité pastorale de la famille, notamment lorsque le prédicateur permet à ses enfants de grandir dans la désobéissance. Pour prévenir et résoudre ces tensions, il faut combiner des stratégies familiales telles que l’écoute, la communication, des limites claires, l’accompagnement pastoral, la prière, la médiation et la formation à la résolution des conflits », a-t-il affirmé.
Par ailleurs, les échanges ont également porté sur la manière dont les enfants de pasteurs peuvent s’unir pour garder la foi, servir Dieu et soutenir leurs parents.
Selon les intervenants, être enfant de pasteur constitue à la fois un privilège spirituel, une responsabilité personnelle et une pression morale, dans un environnement marqué par les critiques, les sacrifices et les attentes de la communauté chrétienne.
Ils ont également souligné que certains enfants de pasteurs deviennent des modèles, tandis que d’autres adoptent des comportements de rébellion, d’immoralité ou de rejet de l’Église.
Durant cette formation, plusieurs participants venus de différentes dénominations religieuses ont exprimé leur satisfaction. C’est le cas de Nzanzaria Véronique, participante venue de Paoua :
« Je suis très contente de ce séminaire de deux jours organisé par l’ONG CIDEL afin de nous édifier sur le renouvellement de l’intelligence et le rôle des enfants de Dieu ainsi que celui des parents dans la vie sociale. Véritablement, j’ai découvert certaines vérités que je ne connaissais pas. Je remercie infiniment le révérend Augustin Hibaïlé, fondateur de l’ONG CIDEL, pour cette initiative. Cela ne doit pas s’arrêter à ce niveau, nous allons transmettre ces enseignements dans nos différentes Églises afin d’édifier davantage les fidèles », a-t-elle apprécié.
Le révérend docteur Augustin Hibaïlé, fondateur de l’ONG CIDEL, a également exprimé ses attentes vis-à-vis des participants : « Notre prière est que ceux qui suivent cette communication puissent prendre conscience de la nécessité de recadrer leurs familles. Les pasteurs doivent avoir des conseillers spirituels pour les guider, tout comme les épouses des pasteurs doivent bénéficier d’un accompagnement dans l’éducation de leurs enfants afin d’éviter certaines dérives. Nous croyons que Dieu parlera au cœur de chacun et qu’il y aura une véritable réconciliation et un changement dans certaines familles. Un culte de réconciliation sera organisé afin de favoriser le pardon entre parents et enfants, entre époux et au sein des familles », a-t-il martelé.
En somme, ce séminaire de deux jours destiné aux leaders pastoraux et familiaux s’est achevé par un culte d’action de grâce marquant la clôture de la formation et le départ des invités.
Ange Finmini

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