Le Jeudi 2 avril 2026, une conférence de presse s’est tenue à la Primature, réunissant les professionnels des médias. L’objectif de cette rencontre était de présenter des cas de documents frauduleux liés au processus d’intégration des jeunes dans la fonction publique.

Selon Alexis N’doui Yabela, Ministre Directeur de Cabinet du Premier ministre, le Gouvernement a instruit que ces dossiers soient transmis au ministère de la Justice pour des suites judiciaires, conformément au discours du Président Faustin-Archange Touadéra lors de son investiture, relatif à la politique de tolérance zéro.

« Le point de presse porte sur les travaux du comité stratégique du recrutement des jeunes diplômés dans la fonction publique centrafricaine. Lors de l’avant-dernière réunion, j’ai reçu deux instructions de Son Excellence le Premier ministre. La première consistait à organiser ce point de presse afin de porter à la connaissance du public les cas de faux et usage de faux enregistrés tout au long du processus de recrutement. Le comité technique a procédé à l’examen des dossiers, mais avant toute validation, il a fallu vérifier l’authenticité des diplômes. Ces vérifications se font auprès des services compétents, notamment à l’Université de Bangui pour les diplômes universitaires, et à la direction des examens et concours pour les diplômes du secondaire. Après vérification, plusieurs dossiers se sont révélés frauduleux. »

Pour justifier sa déclaration, le ministre a présenté plusieurs exemples de faux diplômes. Les ministres cibles sont : Finances, Justice, Mines, Petites et Moyennes Entreprises, Urbanisme, Commerce, Affaires étrangères, Plan et Travaux publics. « Cette pratique n’honore pas la République. Lorsqu’on veut intégrer la fonction publique, il faut être de bonne moralité. » A-t-il déclaré. 

La deuxième instruction est de transférer tous ces dossiers au ministre d’État chargé de la Justice, afin que des poursuites judiciaires soient engagées contre les auteurs. Selon lui, cela s’inscrit dans la vision du Chef de l’État de mettre fin de l’impunité zéro.

Alexis N’doui Yabela souligne également que cette démarche est conforme à l’article 59 de la Constitution du 30 mars 2023, qui stipule que nul n’est censé ignorer la loi et que toute personne vivant sur le territoire centrafricain doit respecter les textes en vigueur.

Par ailleurs, les articles 350 à 352 du Code pénal centrafricain répriment sévèrement les faux en écriture publique, avec des peines pouvant aller de 5 à 10 ans d’emprisonnement.

Même si cette démarche s’inscrit dans les engagements pris par le Président de la République lors de son investiture le 30 mars 2026, elle suscite toutefois des inquiètes au moment choisi pour sa mise en œuvre, à l’aube de la formation d’un nouveau gouvernement.    Oloria Sang