Dans le cadre de la promotion de la scolarisation des jeunes filles, le projet Maïngo, avec l’appui de la Banque mondiale, a octroyé des bourses à 3100 élèves du Lycée Gbaloko. Cette initiative vise à encourager les jeunes filles à poursuivre leur cursus scolaire et à réduire les abandons, un phénomène encore trop fréquent en République centrafricaine.
La visite a été marquée par des témoignages forts, reflétant l’impact concret de ce soutien sur la vie des élèves, des familles et de l’établissement.
Le proviseur du Lycée Gbaloko, Anatole Aimé Blaise Bangalene, a rappelé le contexte dans lequel cette initiative s’inscrit. « En ce qui concerne la scolarisation des jeunes filles, le gouvernement a mené des actions auprès des partenaires, dont la Banque mondiale. Celle-ci a accepté de mettre en place cette bourse gérée par le projet Maïngo. L’objectif est de faire en sorte que les jeunes filles ne puissent pas abandonner les cours, qu’elles puissent retourner en classe et aller au‑delà de la classe de 3e. »
Il a insisté sur le changement culturel que cette action favorise : « Dans l’imaginaire collectif de nos parents, la fille était strictement confinée dans le rôle domestique et familial. C’était le garçon qui avait le privilège d’aller à l’école. Ce projet a été d’un bénéfice non négligeable : les filles ont repris courage pour lire leurs leçons et se battent comme des braves pour rester dans le circuit scolaire. »
Les résultats scolaires témoignent de cette évolution. Pour l’année en cours, le lycée a enregistré 490 tableaux d’honneur, dont 260 attribués à des filles. Parmi eux, 49 certificats d’excellence ont été décernés, et les deux meilleures notes de l’établissement ont été obtenues par des jeunes filles : 17,94/20 pour une élève de 5e et 16,46/20 pour une élève de 6e. « Ces chiffres montrent que les filles, galvanisées par l’effet bourse, reviennent massivement à l’école et excellent dans leurs études », a souligné le proviseur.
Le proviseur a également salué le rôle des partenaires dans la gestion décentralisée des fonds. Le COGEDES a fourni 75 tableaux et une imprimante pour faciliter le travail administratif. L’AME, qui œuvre auprès des jeunes filles défavorisées, a distribué plus de 60 kits scolaires. L’OJTS a également apporté un appui considérable. « Ces partenaires ont contribué à l’épanouissement des élèves et au bon fonctionnement de l’établissement », a déclaré M. Bangalene.
Toutefois, il a exprimé une préoccupation : la pérennisation de ces acquis. « Le véritable défi aujourd’hui est de pouvoir maintenir ces bourses. Si elles venaient à être suspendues, il y aurait un revers, surtout pour celles qui sont déjà en classe de seconde. Nous espérons que le gouvernement et ses partenaires trouveront les moyens de prolonger ce soutien jusqu’aux études supérieures. »
Du côté des familles, la gratitude est immense. Gildas Vincent, représentant du comité de gestion décentralisée, a pris la parole pour remercier les partenaires : « Le COGEDES du Lycée Gbaloko tient à exprimer sa profonde gratitude envers le projet Maïngo et la Banque mondiale pour leur précieux soutien. Grâce à votre engagement, notre établissement bénéficie aujourd’hui de meilleures conditions d’apprentissage, offrant ainsi à nos élèves un cadre plus propice à leur réussite. Votre appui est un véritable moteur de développement pour notre communauté éducative. »
Il a ajouté : « Nous espérons pouvoir compter sur votre soutien dans nos futures initiatives en faveur de l’éducation et du développement de notre lycée. »
Enfin, les élèves elles‑mêmes témoignent de l’impact direct de cette aide. Mercia Ndomale, élève en classe de seconde, a exprimé sa reconnaissance : « La bourse du projet Maïngo a été pour nous un véritable soutien dans notre parcours scolaire. Grâce à cette aide, nous avons pu acheter nos fournitures essentielles et suivre les cours dans de meilleures conditions. Mais au‑delà du matériel, cette bourse nous a aussi permis de subvenir à nos besoins alimentaires avant de venir à l’école. Elle a contribué non seulement à notre réussite académique, mais aussi à notre bien‑être quotidien. »
Elle a poursuivi : « Nous savons que beaucoup d’élèves rencontrent des difficultés pour poursuivre leurs études faute de moyens. C’est pourquoi nous mesurons pleinement l’importance de ce geste. Le projet Maïngo nous a redonné confiance et nous a permis de nous concentrer sur l’essentiel : apprendre, progresser et préparer notre avenir. Du fond du cœur, nous disons merci au projet Maïngo pour son engagement en faveur de l’éducation. Votre soutien restera gravé dans nos mémoires et nous motive à travailler encore plus dur afin de mériter cette confiance. »
Le projet Maïngo, en partenariat avec la Banque mondiale, démontre qu’un soutien financier ciblé peut transformer la trajectoire scolaire des jeunes filles. Les résultats obtenus au Lycée Gbaloko illustrent l’importance de telles initiatives dans un pays où les obstacles à l’éducation des filles restent nombreux.
En attendant, le Lycée Gbaloko peut se réjouir : ses élèves, galvanisées par l’effet bourse, prouvent chaque jour que l’éducation des filles est une clé essentielle pour l’avenir de la République centrafricaine.
Dieu Beni Anderson Kabou

Commentaires récents