Mboko, quartier enclavé du 9e arrondissement de Bangui, situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville, fait face à une précarité extrême. Sans électricité, avec un centre de santé sous-équipé et un manque criard d’infrastructures de base, la population locale tire la sonnette d’alarme et appelle les autorités à agir.

Une localité oubliée par le développement

Alors que le gouvernement centrafricain œuvre pour le relèvement socio-économique du pays à travers le Plan National de Développement (PND) 2024-2028, Mboko semble être laissée à elle-même. La population déplore l’absence totale d’électricité,  une offre sanitaire inadéquate, et des conditions de vie dégradantes. « Nous vivons dans le noir total. Ce n’est pas normal que Bangui soit éclairée et que nous, qui vivons à quelques kilomètres seulement, soyons dans l’oubli », confie un habitant.

Un centre de santé, mais sans moyens

Le centre de santé de Mboko, bien que présent, ne répond pas efficacement aux besoins de la population. Le manque d’ambulance pour les évacuations sanitaires constitue un danger majeur, en particulier pour les femmes enceintes ou les cas d’urgence.

 « En cas de complication, il faut transporter la femme enceinte jusqu’à l’hôpital communautaire. Mais sans ambulance, c’est une course contre la montre. Il arrive que l’enfant ou la mère décède en route », alerte Reine Sera, habitante de la zone.

Médicaments rares, recours aux pharmacies illégales

La pénurie de médicaments est un autre problème majeur. Le centre de santé manque cruellement de produits essentiels, obligeant les malades à se  tourner vers des pharmacies informelles, ou à parcourir de longues distances jusqu’au centre-ville de Bangui.

 « Il faut parfois marcher des kilomètres ou acheter des médicaments dans des boutiques non reconnues, au risque de prendre des produits de mauvaise qualité », déplore Flora Ngouyombo, mère de famille.

Une jeunesse sans lumière, une population dans le désarroi

L’absence d’électricité plonge les habitations, les ruelles, les écoles et les centres de soins dans l’obscurité totale. Ce manque limite non seulement la sécurité, mais empêche aussi les enfants d’étudier la nuit, les activités économiques de prospérer, et les soins de santé d’être dispensés dans de bonnes conditions.

 « Si on peut avoir une école, pourquoi ne pas avoir aussi l’électricité ? Vivre dans le noir, c’est comme vivre à l’écart de la société », interpelle un habitant.

La population de Mboko, forte et résiliente, ne demande pas la charité,  mais l’équité dans la distribution des services publics. Elle exhorte le gouvernement et les partenaires techniques et financiers à intégrer leur localité dans les projets de développement, notamment dans les domaines de l’énergie, de la santé et de l’éducation même si une école publique vient d’être ouverte dans le secteur. Dans un pays engagé vers la reconstruction, Mboko attend encore que la lumière au sens propre comme au figuré  atteigne ses rues, ses écoles et ses foyers.

Belvia Espérance Refeibona