La ville de Bangui est salle, très salle en prélude à la fête nationale du 1er décembre 2023. Tout se passe comme si la Mairie de Bangui a démissionné face à ses responsabilités.
Les inondations dans plusieurs quartiers du sud de la capitale, dépôts d’ordures par-ci par-là, vétusté des bâtiments administratifs, dégradation avancée de plusieurs avenues, saturation exagérée des mototaxis, voilà les réalités d’une ville aujourd’hui abandonnée par la municipalité.
A la première impression, cette ville ne donne pas une bonne odeur, malgré les multiples opérations de lutte contre l’insalubrité, le « Kwa Ti Kodro » chaque samedi de 8 h à 10h.
Le regret est que cette opération lancée par le gouvernement ne connait pas une implication profonde de la part de la population mais aussi de la Mairie centrale.
D’aucuns pensent que c’est une activité politique. Quand le président de la République ne travaille pas un samedi étant en déplacement, rien ne se fait sentir, même pas des autres membres du gouvernement.
Du côté des députés de la nation, qui devraient prendre le relais auprès de leurs circonscriptions, on observe un mutisme total.
En effet, du côté de la Mairie de Bangui, patronne de la salubrité dans la ville, chaque samedi, le Maire centrale Emile Gros Raymond Nakombo et son équipe choisissent de célébrer de multiples mariages à la Mairie et chez les particuliers, en lieu et place de cette opération dans le but d’encourager la population à mettre la ville en propre. C’est comme si quelqu’un vient t’aider dans tes rôles, tu le laisses faire et te voici dans les délires.
Alors que le pays s’apprête à organiser la grande fête nationale, à trois jours de cet évènement, la capitale ressemble à une poubelle à ciel ouvert. Les bâtiments administratifs et particuliers, situés au bord des grandes routes ne sont pas badigeonnées, donnant une impression négative de cette fête nationale.
Par le passé, à cette période, Bangui rayonne. Les rues font peau neuve afin d’accueillir les nombreux invités qui viendront participer à cette commémoration.
Le malheur de cette année est que plusieurs quartiers du sud de Bangui sont touchés par les inondations, conséquences du manque de la canalisation d’une part et du changement climatique d’autre part. Des dégâts énormes sont enregistrés chaque jour alors qu’un manque d’engouement de la part des autorités du pays est observé.
Même si le pays vit ce phénomène chaque année, le pire risque d’être enregistré cette année où le fleuve Oubangui et la Rivière M’Poko ont quitté leurs lits pour se déverser dans les quartiers. Même chose dans le Mbomou et Basse-kotto où de nombreuses familles restent sans abris. Avec l’allure où vont les choses, Bangui risque ne plus ressembler à Bangui la Coquette. Fridolin Ngoulou

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