Le 20 juillet 2023, la justice a tranché en faveur du rétablissement de Karl Kikobet comme président du Conseil National de la Jeunesse Centrafricaine (CNJ-RCA). Le ministre de la jeunesse, des sports et de l’éducation civique Aristide Briand Reboas a déclaré prendre acte de cette décision judiciaire. Il a fait cette sortie médiatique sur la radio Lengo Songo.

L’élection du bureau exécutif du Conseil national de la Jeunesse centrafricaine en mars dernier avait fait l’objet de contestation voire des violences. Le comité d’organisation, conduit par Norbert Pounaba, Chargé de mission en matière des organisations à la Primature avait annulé le vote remporté par l’ancien vice-président du CNJ-RCA Karl Kikobet. Celui-ci s’est dirigé vers la justice qui a rendu finalement sa décision finale le 20 juillet en sa faveur.

Le ministère de la jeunesse qui a été l’accusé par le camp Kikobet n’a pas souhaité faire recourt. Mais, il a tout simplement pris acte de cette décision. En effet, les hauts cadres de ce ministère ne semblaient pas être d’accord à l’élection de Kikobet. Des positions ont été prises officiellement contre son élection sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, si d’aucuns parlent d’un rétropédalage, le ministre Reboas parle plutôt du respect de la décision de justice. Il a expliqué la genèse de cette crise en ces termes : « Il y a eu beaucoup d’expression de trouble sur ce dossier. Les élections ont été organisées entre trois candidats par un comité indépendant. Moi ministre, je ne me suis pas imposé dans les travaux du comité. Il y a eu le vote, la proclamation des résultats et les contestations. Le comité a pris une décision en toute indépendance et a même mentionné que toute décision contraire serait considérée comme une immixtion. Je n’ai jamais pris une décision contraire sauf convier à une réunion toutes les entités impliquées. Nous avions évoqué la possibilité de mettre en place un consensus car, l’Etat a dépensé plus de 80 millions de FCFA pour organiser les élections sur toute l’étendue du territoire avant l’organe faitière de Bangui qui est le Bureau Exécutif du CNJ-RCA. Parallèlement, la justice avait été saisie par le camp de Kikobet et finalement, elle a tranché. On peut être pour ou contre, aucune organisation ne peut être hissé au-dessus de la justice ».

Pour le membre du gouvernement, il lui appartiendra de saisir le Conseil de ministre pour d’ample explication. « Que les gens arrêtent de s’agiter car je ne suis pas une juridiction, ni un juge. Dans la nouvelle constitution, nous sommes en train renforcer le niveau de l’Etat de droit. C’est ce que la jeunesse a massivement défendu. Je suis un homme qui respecte la loi. On peut pleurer, s’agiter, cela ne changera rien à la décision de la justice qui s’impose à nous tous ».

Réaction de l’ancien président du Comité d’organisation

L’ancien président du Comité d’organisation de cette élection, Norbert Pounaba a donné des précisions suivantes sur les réseaux sociaux: « Je tiens à préciser ici que le comité d’organisation des élections n’a jamais pris ou engagé un avocat pour défendre ce dossier devant le Tribunal Administratif. Le mandat du comité étant à terme depuis le 08 Mars 2023, le camp Kikobet a saisi le Tribunal Administratif contre le Ministère de la jeunesse. Sachant que la décision du comité n’est susceptible d’aucun recours, selon les textes de base du CNJ. Cependant, pour la défense du dossier devant le TA, C’est le Ministère qui a choisi de confier ledit dossier à  son avocat pour le représenter. Puisque le comité n’a plus qualité à agir depuis l’expiration de son mandat. Si d’aventure le Ministère a perdu le procès en première instance, il est en droit de faire appel devant le Conseil d’Etat mais s’il décide d’en prendre acte sans faire appel, le Ministère seul connait les raisons. Donc évitons de parler du comité dans cette procédure judiciaire. Juste une précision. Merci »

Une implication politique?

Le Conseil national de la jeunesse étant un instrument de la politique du Gouvernement en matière de la jeunesse ne devrait pas rester bureau exécutif. Selon les informations de l’Oubangui Médias, le président de la République, Faustin Archange Touadéra se serait personnellement impliqué pour écouter les partis en conflit, l’ancienne équipe et les conseillers en matière de la jeunesse.

Après la décision de justice, une rencontre aurait eu lieu à la Présidence de la République avant la sortie médiatique du ministre de la jeunesse.

De source A1 a confié à Oubangui Médias que le Chef de l’Etat a jugé lui-même prendre acte de cette décision de justice, même si certains candidats déchus se réclament très proches du président de la République.

La célébration de la journée internationale de la jeunesse du 12 aout à Mbaïki dans la Lobaye sera un tournant décision pour la jeunesse mais aussi pour le futur président du CNJ-RCA qui aura une lourde tâche de réconcilier les jeunes visiblement divisés sur ce dossier et de chercher un repère pour cette jeunesse qui en manque de repère  depuis plusieurs années.

Fridolin Ngoulou