La Commission d’Enquête Judiciaire mise en place par le gouvernement au lendemain de l’assassinat de neuf ressortissants chinois à Chimbolo près de Bambari au centre du pays a remis ce 19 avril 2023 son enquête au ministre d’Etat en Charge de la Justice Dr Arnaud Djoubaye Abazene qui a dévoilé le contenu.

Un mois après l’assassinat de neuf ressortissants qui venaient de démarrer un chantier minier à Chimbolo, village situé à 25 Km de Bambari, les premières enquêtes judiciaires pointent directement les éléments de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) de François Bozizé.

Selon les informations de l’Oubangui Médias, quatre présumés auteurs d’assassinat de ces chinois ont été arrêtés, trois autres abattus par l’armée et les russes sur qui six passeports des chinois tués auraient été retrouvés.

Ci-après le discours du ministre d’Etat en charge de la Justice

« En recevant ce jour, le rapport circonstancié de la Commission d’enquête Judiciaire relative à l’assassinat, le 19 Mars 2023, des neufs (09) ressortissants Chinois sur le site minier de Chimbolo, sis à 25 kilomètres de Bambari, je voudrais vous adresser les félicitations de Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange TOUADERA, et celles du Gouvernement que dirige monsieur le Premier Ministre Félix MOLOUA, pour le professionnalisme, l’engagement, la motivation et le courage avec lesquels la Commission d’enquête Judiciaire a accompli sa mission.

Il importe de rappeler que suite à la barbarie perpétrée contre les investisseurs Chinois sur le site minier de Chimbolo sis à Bambari, retentie comme un coup de foudre, le Gouvernement, la Justice, le Peuple Centrafricain et toute la communauté Internationale étaient bouleversés, scandalisés  et traumatisés ; car, pour mémoire, la République Centrafricaine pays d’hospitalité et d’accueil où il fait beau vivre, n’a jamais connu de telles atrocités.

Face à cette cruauté, le Ministère de la Justice, de la Promotion des Droits Humains et de la Bonne Gouvernance, a mis en place une Commission d’enquête Judiciaire, en vue de clarifier les circonstances de ces assassinats, de rechercher, d’arrêter et de traduire en justice les auteurs, coauteurs et complices devant les juridictions compétences, afin qu’ils répondent de leurs actes.

Je prends acte de votre rapport  circonstancié dont il en résulte de son analyse que les auteurs des assassinats des neufs (09) ressortissants Chinois sur le site minier de Chimbolo sont incontestablement des éléments des groupes armés, membres de la coalition des Patriotes pour les Changement (CPC), qui sèment et continuent de semer la terreur et la désolation pour des intérêts égoïstes.

Je voudrais rappeler aux éléments de la CPC, du moins à mes compatriotes Centrafricains égarés que nous avions qu’un seul pays, qu’une seule patrie en partage, ne soyez pas à la solde de ceux que vous aviez fait venir. Ils vont détruire  notre pays. Ne détruisez pas les fondamentaux, sinon les valeurs qui constituent  le socle de notre société.

La lutte politique démocratique c’est dans les urnes et non dans la lutte armée.

Les civils, les non combattants et surtout les étrangers ne sauraient être pris comme cibles. C’est une violation grave des droits de l’homme sous toutes ses formes.

Vous vous êtes attaqués à un pays immense qui représente à lui seul le tiers de l’humanité et économiquement incontournable.

Vous semblez oublier que la Chine et la République Centrafricaine sont deux pays frères et unis qui entretiennent d’excellentes relations bilatérales gagnant-gagnant.

La marche vers l’émergence est à jamais engagée. S’attaquer aux intérêts Chinois en Centrafrique pour les décourager à accompagner la RCA dans sa quête pour le développement n’est qu’une vieille recette qu’aucun Centrafricain ne saurait digérer.

Vous aviez constaté les réactions des Centrafricains à l’intérieur du pays, qu’à Bangui sans oublier la communauté internationale. Tous unis, ont dit non. Cessez d’être des supplétifs au service des autres.

Ne perdez pas votre temps à divertir l’opinion Nationale et internationale sur les réseaux sociaux ; La Justice finira par triomphée.

Je voudrais par cette occasion remercier les autorités administratives et locales, les populations qui, comme un seul homme, se sont levées pour apporter leurs contributions à la réalisation de cette enquête.

Je voudrais témoigner toute ma reconnaissance, et celle du peuple Centrafricain à l’endroit de nos forces de défense et de sécurité, nos alliés Russes qui ont réussi à neutraliser certains auteurs, saisi des pièces à conviction et mettre en débandade les résidus de ces criminels.

Nous savourons leur excellent travail concerté à la satisfaction du peuple Centrafricain.

Monsieur le Procureur Général près la Cour d’Appel de Bangui, comme disait Portalis, vous êtes le représentant de tout le corps social, le défenseur de la loi, le poursuivant redoutable, vous aviez la lourde responsabilité de rendre Justice. Je vous instruis conformément aux dispositions de l’article 23 du code de procédure pénale d’engager des poursuites pénales contre les auteurs, coauteurs et complices ; car de lege ferenda, les éléments de la CPC, sont présumés responsables des infractions d’assassinats, d’actes de terrorisme, de crimes contre l’humanité, d’atteinte à sûreté de l’Etat, de pillage, de destructions des biens, prévues et punies par les dispositions du code pénal.

Monsieur le Procureur Général, par rapport à la gravité des faits, saisissez soit les juridictions Nationales, soit la juridiction internationalisée qu’est la Cour Pénale Spéciale, soit encore la Cour Pénale Internationale.

Faites usage de votre imperium judicatum, rechercher les auteurs, coauteurs et complices en cavale ou à l’étranger là où ils trouvent, utilisez les instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux pour rendre justice aux victimes.

La réponse judiciaire se doit être totale, foudroyante, douloureuse et exemplaire. L’épée de Damoclès doit s’abattre sur ces criminels tout en respectant le droit de la défense, et le procès équitable.

Je voudrais encore une fois de plus vous féliciter et vous rassurer que le résultat de votre enquête est satisfaisant.

La patrie vous en sera indéfiniment reconnaissante.

Je vous remets l’entièreté du rapport pour y procéder conformément à la loi.

Je vous remercie. »