Malgré les efforts consentis par les autorités centrafricaines pour lutter contre le paludisme à travers la distribution gratuite de moustiquaires imprégnées, certains agents chargés de cette opération sont accusés de ne pas accomplir correctement leur mission. Selon plusieurs témoignages recueillis auprès de la population, des cas de détournement et de vente illégale de moustiquaires auraient été constatés, fragilisant ainsi la politique sanitaire mise en place par le gouvernement.
La campagne de lutte contre le paludisme repose notamment sur la distribution gratuite de moustiquaires afin de protéger les ménages contre cette maladie. Toutefois, en ce qui concerne la campagne de cette année, plusieurs bénéficiaires estiment que les grandes orientations n’ont pas été respectées. Pour eux, cette opération est considérée comme un échec, dans la mesure où elle n’a pas atteint ses objectifs.
Laurent, résident de Bimbo et chef de ménage d’une dizaine de personnes, témoigne :« Je suis chef de ménage de plus de dix personnes. Le jour de la distribution, ma maison n’a reçu aucune moustiquaire, alors que les agents distributeurs sont bel et bien passés dans le quartier. Il en est de même pour mes voisins. »
Une autre habitante, Sabine, mère de huit enfants, déclare : « Le jour du recensement et de la distribution, j’étais bien à la maison. Les agents sont passés sans nous remettre de moustiquaires et, quelques jours plus tard, nous les avons vus procéder à leur vente. Sachant que tout était déjà perdu, j’ai été obligée d’en acheter pour protéger mes enfants, à 500 francs CFA l’unité. Où va ce pays ? »
Dans un autre arrondissement de Bimbo, monsieur Siméon, fonctionnaire de l’État, partage la même indignation :
« L’État s’efforce de nous protéger contre les maladies, mais l’exécution pose de sérieux problèmes. En ce qui me concerne, ma maison n’a jamais reçu de moustiquaires sous prétexte que je travaille et que je n’y ai pas droit. Pourtant, je suis Centrafricain et je devrais bénéficier, au même titre que les autres, de toutes les actions que l’État entreprend pour la population. »
En somme, le constat est similaire dans les différents arrondissements visités. La population appelle le gouvernement à renforcer le suivi des actions menées à son intention et à sanctionner sévèrement les auteurs de tout détournement, à tous les niveaux, afin de garantir l’efficacité des politiques publiques et favoriser le développement du pays.
Rufin Mapéka Yamo

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