Le gouvernement centrafricain s’est engagé à augmenter la prime de craie des enseignants allant de 5.000 à 10.000 FCFA. Il s’est résolu aussi à intégrer  au moins 1.115 nouveaux enseignants du fondamental 1 et 2. Ces engagements font suite au préavis de grève des enseignants du fondamental 1 et 2, réclamant l’augmentation de leur prime de craie. Après un échange  avec le syndicat ce 22 janvier 2024 à l’ACFPE à Bangui, le gouvernement veut répondre à leurs préoccupations.

C’est en présence d’au moins six membres du gouvernement notamment le ministre de la fonction publique Marcel Djimasse, Annie Gisèle Mouanga ministre du travail, Aurélien Symplice Zingas ministre d’Etat à l’éducation nationale, Hervé Ndoba ministre des Finances et du Budget ainsi que Jean Laurent Sissa Magalé, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation technologique que les responsables du syndicat des enseignants du fondamental 1 et 2 ont posé des revendications axées sur la prime des craies et l’intégration de leurs collègues encore vacataires. 

Il faut noter que c’est depuis plus de 40 ans que ces enseignants du fondamental 1et 2 perçoivent 5.000 FCFA chaque mois sur leur salaire, représentant la prime de craie.

Mais pour cette année 2024, le gouvernement s’est engagé à augmenter à 10.000 FCFA cette prime mensuelle et aussi à intégrer dans la fonction publique 1.115 nouveaux enseignants. Cette décision intervient après l’annonce de la grève des syndicats déclarée la semaine dernière.

Pour le ministre d’Etat à l’Education Nationale Aurélien Symplice Zingas, depuis 43 ans, ces indemnités n’ont pas été augmentées mais si aujourd’hui le président de la République Chef de l’Etat a pensé qu’il est temps de faire un geste de bonne volonté, que cela soit acceptable.

Pour répondre aux besoins en termes d’enseignants qualifiés, le pays a besoin d’au moins 5000 enseignants du fondamental 1 et 2. Même les 1.115 qui vont être intégrés ne vont pas résoudre le problème du manque d’enseignant dans le pays. C’est ce manque, surtout dans les villes de provinces que les autorités de l’éducation sont parfois obligées par conjuguer avec les enseignants volontaires et les maitre-parents.

Le ministre d’Etat Aurélien Symplice Zingas a promis poursuivre la négociation avec son collègue des Finances et du Budget ainsi que les partenaires de la Banque mondiale afin d’apporter une solution définitive à ce problème d’enseignants mais surtout aux revendications que posent aujourd’hui les enseignants centrafricains.

Marcel Djimasse, ministre de la fonction publique, à la sortie de ce débat exprime sa joie pour cet heureux aboutissement: «D’abord, il faut que j’exprime la joie qui est la nôtre. Là maintenant, dans l’aboutissement de cette longue négociation sur la problématique de revalorisation de prime de craie que les enseignants du fondamental 1 et 2 ont posé, nous sommes arrivés à la conclusion que finalement, si on veut rester dans le budget, il faut augmenter la prime de craie de 5.000 FCFA à 10.000 FCFA par mois et recruter dans la fonction publique 1.115 nouveaux enseignants», a expliqué le ministre de la fonction publique et des reformes administratives.

Le membre du gouvernement a ajouté en disant que c’est une position de responsabilité. « La loi de finances 2024 a déjà été votée donc le budget des différents départements ministériels sont déjà figés et la marge de manœuvre que nous avons au cours de cette négociation était assez limitée par ce que c’est dans le cadre de ce budget qu’il fallait négocier cette augmentation de prime et en même temps la prévision du salaire qu’on devrait verser aux nouvelles recrues. Cela a été fait et c’est une très bonne chose pour l’avenir de notre pays ».

Selon le ministre de la Fonction Publique, les revendications seront transmises au Chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra afin que la promesse gouvernementale puisse être respectée.

Depuis plusieurs années, les enseignants du fondamental 1 et 2 multiplient des grèves, soit pour demander la revalorisation de leur salaire, soit pour exiger du gouvernement leur intégration dans la fonction publique. Ces multiples grèves ont paralysé le système éducatif centrafricain à tel point que la formation des élèves se fait au rabais. Il y a de cela deux ans, le gouvernement centrafricain avait réussi à conclure une entente avec le syndicat qui a marqué une trêve dans le but de poursuivre les négociations avec le gouvernement et aboutir à cette conclusion, une étape importante pour répondre aux préoccupations des enseignants.

Dorcas Bangui Yabanga