La journée commémorative dédiée à la mémoire des victimes des conflits militaropolitiques en République centrafricaine n’a pas été célébrée officiellement cette année. Prévue pour ce lundi 11 mai, la onzième édition de cette commémoration a été reportée à une date ultérieure par décision des autorités nationales, en raison de la démission du gouvernement.

Malgré ce report, les victimes n’ont pas voulu laisser passer cette date symbolique. Elles se sont mobilisées au monument des victimes, situé dans le 8ᵉ arrondissement de Bangui, à proximité du commissariat, pour un geste fort : nettoyer le site, chanter l’hymne national et immortaliser l’instant par une photo de famille. Ce moment de recueillement, bien que modeste, a permis de maintenir vivante la mémoire collective et de rappeler l’importance de cette journée.

Landry Makokpala, Coordonnateur national des victimes, a pris la parole pour souligner la portée de cette commémoration : « Vous savez, la journée du 11 mai est toujours dédiée aux victimes de la République centrafricaine. C’est la onzième journée qui devait être célébrée aujourd’hui. Habituellement, nous la célébrons avec les autorités, mais leur absence s’explique par la démission du gouvernement. Nous attendons la mise en place du nouveau cabinet pour célébrer cette journée en différé. »

Au‑delà des contraintes institutionnelles, Landry Makokpala a insisté sur le message universel que porte cette date : un appel à la paix et à la réconciliation. « Le 11 mai, c’est un message de paix à l’endroit de toutes les victimes et de tout le peuple centrafricain. Vous savez, c’est tout le peuple qui a été touché. Nous voulons cultiver la paix pour le développement de notre pays. »

Le monument dédié aux victimes, fruit d’une initiative soutenue par le ministère des Actions humanitaires, est devenu un lieu de mémoire et de rassemblement. Pour Makokpala, il incarne un symbole fort : « Ce joyau nous permet de nous retrouver, d’échanger et de parler de paix. Le signe qui y figure est celui de la réconciliation. »

En attendant la célébration officielle, les victimes rappellent que cette journée ne doit jamais être oubliée. Elle demeure un repère pour la mémoire nationale et un appel à l’unité. Le geste simple mais significatif du nettoyage du monument traduit la volonté de préserver ce symbole et de continuer à porter haut le message de paix.

Dieu Béni Anderson Kabou