Plus de cinquante représentants des ministères et des institutions ont pris part à un atelier de validation de la stratégie de transition d’un système d’approvisionnement en eau potable et assainissement humanitaire vers un système pérenne pour les villes de Bria et Batangafo, organisé par l’OXFAM.

L’objectif de cet atelier, est de valider de manière concertée une stratégie permettant d’effectuer le transfert progressif de la gestion et de l’exploitation des systèmes d’approvisionnement en eau potable et assainissement desservant les sites de personnes déplacées internes de Bria et Batangafo, vers les acteurs gouvernementaux. Cette stratégie sera définie à travers une approche de concertation impliquant l’ensemble des parties prenantes.

En vue réfléchir activement et conjointement à la meilleure manière de consolider les acquis et aller vers une stratégie de transmission de système d’approvisionnement en eau potable et assainissement humanitaire vers un système pérenne pour les villes de Bria et Batangafo.

Et ce, plusieurs réunions ont été tenues au niveau national. L’objectif de ces échanges et descente était d’exposer les problématiques de financement afin d’accompagner cette stratégie, visant une transition en douceur, aux autorités et services techniques de l’État, tout en incluant la dimension institutionnelle et le retour des services techniques de l’État dans ces zones depuis leur départ au début de la crise.

Georgine Ouaby Gondje, représentante du ministre de l’action humanitaire revient sur cette remise : « Oxfam a mis en place un système sophistiqué d’approvisionnement en eau potable pendant les périodes de troubles qu’a connu le pays et ce système vise aussi à aider toute une population dans les localités de Bria et de Batangafo. Après dix ans d’expérience, Oxfam est en train de vouloir se retirer. L’objet de cet atelier est de pouvoir essayer de pérenniser cette expérience. Pour capitaliser tous ces efforts et pérenniser les acquis de ce projet, Oxfam nous propose une stratégie de transition qui permettra au système national de récupérer ce précieux investissement ».

Pour Jérôme Alin, Directeur-pays d’Oxfam, il s’agit d’une étape franchie : « On était au départ sur ses zones pour la thématique de déplacement de population  et maintenant sur l’ensemble de population des villes de Bria et Batangafo. Dans la recherche des solutions pour aller vers une transition durable  pour la gestion d’eau sur ces zones, au départ cela a démarré sur les sites des déplacés pour leur procurer d’eau, petit à petit on a étendu cela dans les quartiers. Oxfam fourni 80% d’eau aux populations de Bria et Batangafo ».

De son côté, Thierry Evariste Binguinendji, préfet de la Haute-Kotto exprime son inquiétude par rapport à cette transmission: « Le problème qui se pose réellement c’est que ce transfert doit être raccompagné. Si on donne tout de suite à la SODECA ou à l’ANEA, c’est des sociétés commerciales et donc dans le plaidoyer d’Oxfam, l’organisation a voulu que les vulnérables qui sont peut-être appuyées par ce système gravitaire, si le gouvernement reprend le projet, qu’il continue de les appuyer. Mais si on laisse cela à ces deux sociétés, est ce qu’elles vont continuer à prendre en charge gratuitement les bénéficiaires. À mon avis, le problème c’est de voir avec une agence de Nations-unies pour qu’on puisse les accompagner pendant deux ans, permettant à la SODECA de pouvoir identifier les clients potentiels qui peuvent continuer à payer pour permettre à la société de vivre ».

Notons que depuis le début de la crise en Centrafrique, Oxfam mène des interventions d’assistance humanitaire dans les préfectures de l’Ouham Fafa et Haute Kotto en mettant un accent sur des programmes tels que l’eau, l’assainissement, l’hygiène, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance.

Milca Bissidi