C’est un coup d’état constitutionnel ou c’est par souci d’éviter une crise post-électorale ?
Les sénégalais sont surpris par cette décision de la présidence annonçant le report de l’élection présidentielle à quelques jours de la campagne électorale et sans qu’une nouvelle date soit fixée. Une décision différemment appréciée par la classe politique sénégalaise. A en croire les autorités sénégalaises, cette décision a pour but d’éviter une crise post-électorale dans le pays. Jusqu’à ce dimanche 4 février 2024 soir aucun incident ne s’est déclaré, mais les principaux candidats à cette élection présidentielle ont menacé de descendre dans les rues de Dakar pour protester contre cette décision qu’ils qualifient de coup d’état constitutionnel.
Cette élection devrait se tenir initialement le 25 février 2024 et les campagnes électorales devraient s’ouvrir ce lundi 05 février. Cependant les parlementaires sénégalais ont ouvert une enquête en vue de faire la lumière sur les motivations de la décision du Conseil Constitutionnel notamment deux des juges dont l’intégrité dans le processus électoral est remise en cause.
Pour le président de la République Macky Sall, ce report fait suite aux délibérations en cours à l’Assemblée nationale : « Notre pays est confronté depuis quelques jours à un différend entre l’Assemblée nationale et le Conseil Constitutionnel. Des contestations qu’il faut élucider avant cette élection présidentielle pour éviter à ce que notre pays puisse tomber dans une crise post-électorale. C’est ainsi j’ai signé le décret abrogeant le décret de la convocation du corps électoral. »
C’est qui a suscité des indignations au sein de classe politique sénégalaise qui voit en cette décision une manœuvre politique du Président Macky Sall de rester au pouvoir.
Une accusation rejetée par ce dernier qui a réitéré son engagement de ne pas se représenter à ce scrutin.
S’agit-il d’une nécessité d’ouvrir un dialogue pour une élection apaisée ?
Oui pour le gouvernement sénégalais, ce report permet de décrisper le climat politique qui est tendue après la disqualification par certains candidats par le Conseil Constitutionnel pour question de double nationalité, suite à la requête introduite auprès de l’instance constitutionnelle, par l’un des candidats Thierno Alassane le 16 Janvier dernier. Mais Karim Wade a affirmé avoir renoncé à sa nationalité française bien avant le dépôt de sa candidature. Tout en citant l’arrêté du Ministère de l’intérieur français du 17 janvier 2024 soit deux jours après le recours du candidat Thierno Allassane.
Mais le Conseil constitutionnel a affirmé qu’il a été notifié ultérieurement et donc la prise de l’arrêté pour entériner la décision sur la disqualification de Karim Wade, ne saurait rétroagir.
Pour certains candidats au scrutin du 25 février 2024, ce report est une violation de la Constitution et l’engagement de Macky Sall en tant que gardien de la Constitution. Ils promettent de descendre dans les rues de Dakar dans les jours à venir si celui-ci ne revient pas sur sa décision.
D’autres par contre ont choisi de déposer un recours auprès du Conseil Constitutionnel contre le décret qui annule ce scrutin. Il faut aussi souligner que les réactions internationales n’ont pas tardé, les Etats-Unis demandent qu’une nouvelle date soit fixée et la CEDEAO quand elle appelle au dialogue pour lever les incertitudes créer par ce report.
Christian Stève SINGA

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