La République Centrafricaine intéresse de plus en plus des investisseurs, au nombre desquels les compagnies aériennes qui reprennent leurs activités dans ce pays. En prélude à la journée internationale de l’aviation civile et quelques semaines après la reprise des vols d’Ethiopian Airlines, le colonel François Edly Follot, Directeur Général de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile en République centrafricaine (ANAC-RCA) a accepté de se livrer à l’Oubangui Médias.
Oubangui Médias : Monsieur le Directeur général Bonjour. Dites-nous quels sont les tâches réservés à l’ANAC-RCA?
Le DG François Edly Follot : Bonjour et merci pour l’intérêt que vous portez à votre agence. En effet, en aviation civile, il y a trois points : La sureté, la sécurité et la circulation. La sureté c’est au sol avant le départ. On doit se rassurer qu’il y a pas des objets suspects. Ici, c’est lutter contre les actes illicites. Depuis le 11 septembre 2001, l’aviation civile a changé de paradigme. C’est pourquoi pour la sécurité de tous, on demande aux voyageurs de ne pas prendre des bagages en mains ou colis à l’aéroport car, ils ne maitrisent pas l’intérieur de ces bagages.
La deuxième barrière c’est la sécurité dans l’avion et de l’avion. L’ANAC vérifie aussi pour la sécurité de l’avion la validité de l’aptitude médicale, de la validité de la licence. Nous vérifions tout, même savoir si l’équipe de pilotage est en forme, n’a pas bu de l’alcool, on vérifie aussi l’assurance de l’avion…On vérifie que ces conditions sont réunies pour que l’avion quitte d’un point A à B. Donc, c’est l’ANAC qui supervise les activités de l’aviation civile.
Le troisième pilier c’est la communication pendant la circulation avec l’avion. La route, les zones en passant par des centres régionaux de contrôle.
La tâche n’est pas facile, il faut avoir une veille 24h/24h pour gérer les autorisations d’atterrissage et autres.
Oubangui Médias : Avec tout cela monsieur le Directeur Général, avez-vous des capacités techniques, logistiques et humaines pour assumer votre rôle?
Le DG François Edly Follot : Bon, heureusement que l’aviation civile est organisée. Si par exemple nous avons de personnels et qu’il n’y a pas de matériels, à qui la faute ? Pour avoir les deux, il va falloir que les moyens s’en suivent. Ce qui est difficile aujourd’hui, c’est la conjoncture économique et financière de notre pays, touché aussi par la situation économique et financière du monde après le COVID-19.
Je pense qu’avec un peu de rigueur, on arrive à assumer le minimum pour permettre aux avions de voler dans le maximum de sécurité. Et ça, il faut tenir le coup.
Oubangui Médias : Monsieur le Directeur général, le 7 décembre de chaque année, le monde entier célèbre la journée de l’aviation civile. Que pensez-vous faire pour marquer cette journée ?
Le DG François Edly Follot : D’abord, l’aviation civile est bien organisée, bien structurée. Le 7 décembre 1944 a été signée la convention de Chicago qui regroupait les pays membres. Depuis lors, cette journée est célébrée sous un thème. Depuis deux ans, le thème central est : Aucun pays ne doit être laissé de côté. C’est-à-dire quel que soit les moyens que tu disposes, l’aviation civile ne te lâchera pas.
Au niveau mondiale nous sommes organisés mais aussi au niveau africain. La Commission africaine qui se subdivise en cinq zones. Ces zones sont coiffées par des vice-présidents. En Afrique centrale, la zone quatre, j’assume cette fonction. La chaine est en fait bien structurée.
Donc pour la commémoration, le thème demeure le même. Nous sommes en réflexion pour organiser et là très certainement une journée porte ouverte pour expliquer les métiers de l’aviation civile, comment elle a démarré et autres points essentiels. Ça sera une manière pour nous de motiver la jeunesse à s’intéresser à l’aviation civile. On en a pas assez en Centrafrique et le très peu que nous avons, constitué de la jeunesse, nous devons la promouvoir.
Oubangui Médias : Monsieur le Directeur, après plus de 10 ans de suspension, Ethiopian Airlines a repris ses vols et en direct d’Addis Abeba –Bangui. Quels rôles votre institution a-t-elle joué pour cet heureux aboutissement ?
Le DG François Edly Follot : Merci beaucoup pour cette question. En effet, Ethiopian Airlines avait suspendu ses vols depuis plus de 10 ans. Vous savez, le rôle de l’ANAC-RCA c’est donc de chercher à nouer des relations avec pratiquement tous les pays qui disposent de la même agence. Nous travaillons en étroite collaboration avec certains Etats qui ont des compagnies aériennes assez importantes comme Ethiopian, Kenya Airways, Rwandair…
L’ANAC-RCA s’est rendue compte que le pays commence à être sécurisé. Toutes les conditions sont réunies. Et c’est la condition qu’Ethiopian Airlines avait posée. Après les efforts du gouvernement, l’ANAC-RCA a effectué un déplacement à Addis-Abeba pour rencontrer les autorités de cette compagnie. Il y avait un certain nombre de garantie.
Notre rôle c’est faire de la supervision de la sécurité aérienne, c’est-à-dire veiller à ce que les conditions de voyage des passagers soient réunies et au top. Il ne devrait pas y avoir d’inquiétude quand quelqu’un veut voyager. C’est la sureté et quand le voyage accède dans l’avion, là commence la sécurité. Et c’est l’ANAC qui supervise tout.
Oubangui Médias : Vous parliez des conditions mais quelles ont été ces conditions et les garanties que l’Autorité National de l’Aviation Civile de la RCA peut donner aux clients de cette compagnie aérienne ainsi que les autres?
Le DG François Edly Follot : Quand on a été discuté avec Ethiopian Airlines, nous avons fait part des garanties parmi lesquelles la clôture de l’aéroport, l’installation électrique, le vol de nuit après la levée de couvre-feu, la réhabilitation de quelques mètres de piste endommagés par la pluie…Nous ne savons plus ce qui peut nous empêcher de reprendre avec cette compagnie. Un accord a été signé pour la reprise et cette reprise a été effective le 15 novembre 2023.
Aussi, au départ, nous avions des difficultés de faire un vol en direct parce qu’il y avait le facteur carburant. Mais avec le ravitaillement de l’aéroport et l’affrètement d’un nouvel avion de type moderne, consommant moins de carburant, il a été finalement adopté l’idée du vol direct Addis-Abeba- Bangui. Donc en 5 heures de vol, on n’a pas besoin de faire un arrêt à Juba comme cela a été prévu. C’est un soulagement pour les passagers car Addis-Abeba est un grand hub qui relie tous les continents.
Oubangui Médias : Quels sont selon les avantages économiques de cette reprise?
Les avantages, ce que cette reprise peut exciter les autres. Déjà, on se rend compte que la sécurité est revenue ainsi que les activités. Si ces conditions sont pérennes, vous allez voir qu’il y aura un afflux des bailleurs de fonds qui vont venir participer à l’émergence de l’économie dans tous les domaines.
Oubangui Médias : La RCA continue à être une destination pour de nombreuses personnes. Que représente pour vous cet afflux ?
Il faut reconnaitre un certain nombre de garantie. Aujourd’hui, quand vous venez à Bangui, malgré ce que les gens racontent, ce n’est plus la même ville de Bangui d’il y a 10 ans. Il y a 10 ans, on ne pouvait pas circuler comme aujourd’hui. C’est bien qu’il y a des cas de vol et braquage, mais quelque part, il y a un gage de sécurité qui permet aux investisseurs de venir. Notre pays sera un chantier. Le gage, ce qu’ils pourront circuler librement et nous le devons au Président de la République et au gouvernement qui ne cessent de se battre pour cette sécurité. Donc, c’est un bon signe, l’afflux des personnes surtout des investisseurs.
Oubangui Médias : Monsieur le Directeur général, nous vous remercions
Le DG François Edly Follot : C’est à moi de vous remercier.
Interview réalisée par Fridolin Ngoulou

Commentaires récents