En Centrafrique, plus de 2,3 millions de personnes sont toujours dans le besoin. Cependant, Au moins 1,3 million de personnes sont ciblées pour l’assistance humanitaire, tandis que 428 000 personnes sont déplacées internes. Dans le but d’apporter une assistance humanitaire globale, la communauté humanitaire aura besoin de 264,1 millions de dollars . Malheureusement, seulement 44,7 millions sont reçus, soit 16,9 % du budget. C’est le résumé du rapport d’OCHA sur la situation humanitaire du pays, rendu public au début de ce moi de mai 2026.

Faits saillants

Trois personnes tuées et au moins 800 personnes déplacées à la suite de l’insécurité, ainsi que la reprise des cliniques mobiles à Koumboli après près d’un an de suspension.

Contexte général

Dans la préfecture de la Vakaga, au Nord-Est, plus de 460 personnes, dont 367 enfants, des villages de Tétembala, Charmout, Bierra et Goba, dans la commune d’Am-Dafock, ont fui leurs villages par crainte de représailles et ont trouvé refuge dans le village de Gnalida. Ce mouvement, qui se poursuit, fait suite à l’assassinat de quatre ressortissants soudanais dans la nuit du 11 au 12 avril 2026 dans la localité de Bilibili, excentrée de l’axe principal Birao-Am-Dafock, par des éléments armés non identifiés. Le comité de paix de Birao s’est rendu, le 14 avril, à Am-Dafock afin de mener une mission visant à apaiser les tensions au sein des communautés locales.

Dans le Haut-Mbomou, au Sud-Est, depuis le 30 avril, cinq personnes ont été enlevées, plusieurs habitations ont été pillées et incendiées, et les résidents de la ville de Djémah, craignant pour leur sécurité, se sont réfugiés dans la brousse à la suite d’une attaque menée par des éléments armés dans le quartier Fouka, situé à environ trois kilomètres de la rivière Ouara, qui traverse la ville de Djémah. Dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2026, la localité de Fouka, dans la même région, a été attaquée par des éléments armés, provoquant le déplacement des habitants vers la brousse avant leur retour progressif à domicile, même si la crainte d’une nouvelle attaque demeure au sein de la population.

Dans l’Ouham-Ouest, le rapport relève qu’environ 1 300 personnes ont fui, le 28 avril, le village de Bokoté, situé à environ 50 kilomètres de Bossangoa sur l’axe Kambakota, par crainte pour leur sécurité, et se sont réfugiées dans la brousse ainsi que dans le village de Benzambé, à la suite de tensions impliquant des éléments armés dans la zone. Cette situation a entraîné une dégradation des conditions de protection et une exposition accrue aux risques humanitaires, en particulier pour les femmes et les enfants.

Au Nord-Ouest, dans la préfecture de l’Ouham, trois personnes ont été tuées le 3 mai et environ 350 autres, craignant pour leur sécurité, ont fui le village de Gola pour se réfugier à Gbadé, localité située à environ 50 kilomètres, dans la commune de Ndoromboli, à la suite d’un incident lié à un vol de bétail.

Besoins et réponse humanitaire

S’agissant de la protection des personnes, dans l’Ouham-Fafa, au Nord-Ouest, OCHA précise que l’ONG COOPADEM, avec le soutien du Fonds humanitaire, a organisé deux sessions de formation à Batangafo les 28 avril et 2 mai pour 25 points focaux et 22 autorités locales sur la gestion des sites de personnes déplacées, les violences basées sur le genre (VBG) ainsi que la prévention de l’exploitation et des abus sexuels. Ces activités s’inscrivent dans le cadre du renforcement des capacités des acteurs locaux en matière de protection et de gestion des sites de déplacement à Batangafo.

En matière de santé, dans la préfecture du Haut-Mbomou, au Sud-Est, l’ONG ALIMA a repris, depuis le 29 avril, la clinique mobile du village de Koumboli après près d’un an de suspension liée à la crise sécuritaire à Zémio. Au total, 200 consultations curatives ont été réalisées et 28 consultations prénatales en santé de la reproduction ont été assurées. À la suite d’une attaque contre une position des forces de sécurité en mai 2025 dans le village de Koumboli, plus de 300 habitations avaient été incendiées et pillées.

La population avait fui vers la brousse, accueillie par des familles dans les environs ou à Zapaï, en République démocratique du Congo (RDC). Depuis février 2026, des retours progressifs de personnes déplacées sont observés à Koumboli. L’ONG ALIMA demeure le seul acteur humanitaire intervenant dans le secteur de la santé dans cette zone.

Déus Gracias Tchémanguéré (source OCHA)