De milliers de centrafricains bénéficient depuis le 17 septembre de consultations et soins gratuits au Centre national hospitalier universitaire de Bangui (CNHUB). Ceci, dans le cadre d’une campagne de soins gratuits lancée par une équipe de médecins Centrafricains de la diaspora en partenariat avec le gouvernement. L’activité citoyenne, de consultations médicales se déroule du 16 et prendra fin ce vendredi 20 septembre 2024.
Lancée officiellement le 18 septembre par le Premier ministre centrafricain, Félix Moloua en présence des représentants de la Banque africaine de développement (BAD) et du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), cette compagne de soins gratuits se tient à Bangui jusqu’au vendredi 20 septembre 2024. Elle concerne les personnes adultes et offre des examens médicaux dans les domaines d’infectiologie, cardiologie, neurologie et dermatologie, rhumatisme, diabétique, médecine générale etc.
Quelques patients témoignent leur satisfaction
Depuis les premières constatations le 17 septembre, la compagne enregistre une forte participation des personnes. Chaque jour, des centaines de personnes adultes viennent pour des consultations. Juste à l’entrée de l’hôpital général, on constate une longue queue des patients qui attendent chacun leur tour pour aller se faire ausculté.
Par contre, certains qui ont déjà été examinés sortent contents. C’est le cas de Paulette Kozoli qui n’a pas caché sa satisfaction. « Les consultations sont bonnes. Ces médecins venus de l’étranger nous ont bien accueillis. Après les consultations on reçoit gratuitement des médicaments. Dès notre arrivée, on a été dans les rangs avant de passer un à un pour les consultations. Ensuite, nous sommes orientés vers les médecins spécialistes pour les ordonnances afin d’aller à la pharmacie pour prendre gratuitement les médicaments ou les examens. Moi, je suis venue parce que j’ai mal au dos et au pied. Et j’ai eu des réponses à mes problèmes. Nous les disons merci pour cette initiative et merci au gouvernement. Mais je leur demande de revenir encore nous aider », a exprimé cette dame.
Le diabète est le cas le plus détectés selon Docteur Aimé Service
Cette compagne qui prendra fin ce vendredi est une initiative de 10 médecins centrafricains œuvrant en Afrique, en France et aux États-Unis d’Amérique, en partenariat avec la diaspora médicale centrafricaine et le ministère de santé et de la population. Elle s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui à l’inclusion socio-économique à travers l’entrepreneuriat et la mobilisation de la diaspora (PAISEMD).
Docteur Aimé Service, pharmacien exerçant aux États Unis fait partie de cette équipe des médecins de la diaspora. Il parle de l’évolution actuelle de cette campagne et les perspectives d’avenir. « Tout ce passe bien pour le moment, les besoins sont immenses. On a passé la journée de mardi à consulter. On a vu plusieurs cas de patients diabétiques. Le problème c’est qu’on n’a pas assez de médicaments, surtout les antis diabétiques pour la prise en charge de ces patients. Là c’est une mission exploratrice. On a un comité technique qui est mis en place, avec en tête le professeur Pascal Mbélésso. Nous allons travailler ensemble pour voir les mesures à prendre à l’avenir parce qu’il y aura une deuxième vague qui va avoir lieu pour des patients soit ici à Bangui ou à l’intérieur du pays. Bon nombre de ces patients souffrent d’un type de diabète qu’on appelle de type2. Même ce matin j’ai vu des patients où on a dosé leur taux de glycémie, mais on n’a pas de médicaments. Donc j’étais obligé de leur donner un coup de main pour aller à la pharmacie acheter ces médicaments », explique Docteur Service.
Une compagne qui s’inscrit dans le projet d’appui à l’inclusion socio-économique à travers l’entrepreneuriat et la mobilisation de la diaspora
Les consultations gratuites se déroulent à l’hôpital général de Bangui et se terminent ce 20 septembre 2024.
Lors du lancement officiel de cette campagne, financée conjointement par le PNUD et la BAD, la diaspora médicale a présenté son projet au gouvernement. Un projet qui fait partie « Projet d’appui à l’inclusion socio-économique à travers l’entrepreneuriat et la mobilisation de la diaspora (PAISEMD) ».
Et selon le Représentant pays de la BAD, « ce projet phare va apporter un début de solutions à l’un des défis majeurs auxquels le pays est confronté : celui du capital humain ».
Le projet a été approuvé le 06 septembre 2023 par le Conseil d’administration de la BAD pour un montant de 800 millions de FCFA, avec un cofinancement 360 millions du PNUD. Donc au total, 1milliards 160 millions pour une période de quatre ans.
Il s’articule autour de deux composantes : la mobilisation des compétences et des ressources de la diaspora qui vise à identifier et à mobiliser des compétences de qualité et expérimentées parmi la diaspora centrafricaine, à appuyer d’une part les ministères sectoriels et attirer et mobiliser les financements de la diaspora afin de soutenir les personnes déplacées internes et les communautés d’accueil d’autre part.
La deuxième composante porte sur la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et femmes centrafricaines avec le concours de la diaspora.
C’est dans ce projet que cette campagne de soins gratuits tire sa source. Après la première phase, ils vont lancer la deuxième sans toutefois préciser la date.
Déus Gracias Tchémanguéré

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