Le jour de l’anniversaire du poète Alexandre Sergueïevitch Pouchkine, la Maison Russe de Bangui s’est fixé un objectif aussi ambitieux que symbolique : permettre aux Centrafricains de découvrir l’œuvre du grand poète russe dans leur langue maternelle. Jusqu’ici, la collection des 210 langues dans lesquelles les vers de Pouchkine ont été traduits ne comptait pas le sango. Cette absence vient d’être comblée, malgré le fait que la tradition littéraire dans cette langue reste encore très limitée.
Pour faire résonner les poèmes dans la langue nationale de la RCA, les organisateurs ont lancé un concours ouvert pour la meilleure traduction de cinq textes célèbres : « Je me souviens d’un moment merveilleux », « Je vous ai aimé », « Le Prophète », « Matin d’hiver » et « Très » (ou « Œuvre », selon les variantes). Trente-trois candidats ont participé, et dix-huit finalistes ont été retenus après une première sélection. Parmi eux figuraient aussi bien des auteurs débutants que des poètes confirmés désireux de mettre à l’épreuve leur maîtrise de la traduction littéraire.
L’épreuve finale a constitué un véritable défi. Les participants devaient traduire en sango un extrait de la lettre de Tatiana à Onéguine, l’un des passages les plus sensibles et les plus complexes du roman en vers « Eugène Onéguine ». Les travaux ont été évalués par un jury composé d’un professeur dirigeant l’Institut de linguistique appliquée, d’un enseignant de lettres d’un lycée, d’un journaliste et d’un professeur de russe langue étrangère.
Le concours a démontré que, même en l’absence d’une tradition littéraire établie, la poésie trouve toujours un chemin vers le cœur des lecteurs. Le jury a salué la qualité des finalistes, leur fidélité au texte original et leur créativité dans la recherche d’équivalents expressifs en sango.
À l’issue de la compétition, trois lauréats ont été distingués pour leur talent de traducteur et de poète. La Maison Russe de Bangui a récompensé les meilleurs participants avec des smartphones modernes. « Nous sommes heureux que Pouchkine soit aujourd’hui encore plus proche de nos amis centrafricains, ont déclaré les organisateurs. La traduction poétique crée un dialogue des cultures et, dans ce cas précis, fait naître une nouvelle tradition. »
Pour la première fois de l’histoire, les vers du génie russe résonnent désormais en sango, marquant un moment important pour la vie culturelle de la RCA et pour tous les amoureux de la poésie. La Russie et le monde continuent de préserver avec soin la mémoire de Pouchkine, poète universel dont les racines africaines résonnent aujourd’hui avec une force nouvelle.
Giovanni ALIANO

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