Lors d’un point de presse animé ce samedi 23 mars 2024 à son domicile à Bangui, le président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), Martin Ziguélé a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de santé de son collègue  député Dominique Yandocka, détenu au camp de Roux depuis plus de trois mois aujourd’hui. Une occasion pour Oubangui Médias d’aborder avec lui certains sujets comme la crispation du climat politique entre l’opposition démocratique et le pouvoir de Bangui ainsi que les élections locales et enfin la redynamisation des cellules de base du MLPC.

Oubangui Médias : Monsieur Martin Ziguélé bonjour. En tant que numéro 1 du MLPC, quelle analyse faites-vous du climat politique de votre pays la RCA ?

Martin Ziguélé : Bonjour monsieur le journaliste. Je vous remercie pour cette question et je ne voudrais pas paraphraser le rapporteur de Human Right Watch qui a dit en avril 2023 que le paysage politique centrafricain est considérablement en régression depuis que le pouvoir s’est mis en tête de modifier la Constitution du 30 mars 2016. Et donc tout a été mis volontairement en brande par le pouvoir pour réduire chaque jour davantage l’espace politique, la restriction de la liberté, des arrestations et chaque jour que Dieu fait, le pouvoir devient autoritaire et cela n’a rien à avoir avec le pouvoir que nous avons connu en 2016 et manifestement, il y a ce qu’on appelle anti-liberté, qui fait rage aujourd’hui.

  Oubangui Médias : Selon nos informations, l’état de santé de votre collègue député Dominique Yandocka se détériore de jour en jour et vous lui avez rendu visite ce vendredi 22 mars 2024 confirmez-vous cette information ?  Si oui, que doit-on retenir de l’état de santé de ce député de la Nation? 

Martin Ziguélé : Vous savez, quand vous n’avez pas vu quelqu’un depuis huit mois et surtout lorsque vous êtes plus âgé que lui, il n’a pas besoin de se coucher pour vous saluer. Dès qu’il vous voit, il doit sauter pour vous prendre au cou. Mais moi, j’ai rencontré Dominique Yandocka complètement couché avec ses deux pieds bandés, et il y a un bandeau de sparadrap sous son nez. Donc, j’ai de plus une grande inquiétude pour sa santé et c’est pourquoi j’en appelle à la Minusca qui est venue pour la protection de la population et aussi aux gens de bonne volonté d’intervenir afin que la vie de ce jeune soit sauvée.

Oubangui Médias : Martin Ziguélé, dès votre retour au pays après plusieurs mois d’absence, le MLPC s’active à la redynamisation de ses cellules de base. Qu’est-ce qui justifie cette activité ?

Martin Ziguélé : C’est une activité régulière du MLPC. Nous avons toujours procédé à la redynamisation de nos organes de base à chaque fois que nous constatons par exemple qu’il y a des décès et des départs, il faut toujours tenir à jour les structures de base et conformément aux statuts et règlement intérieur. Je ne vous cache pas, nous sommes en train également de préparer un congrès d’ici peu.

Oubangui Médias : Cette redynamisation vise aussi à préparer les militants du MLPC aux élections locales ?

Martin Ziguélé : Rire, même si c’était le cas, est ce que c’est un péché ? Quel est le rôle d’un parti politique ? C’est de concourir aux élections. Mais, nous avons une position qui n’est pas celle que les uns et les autres racontent. Nous avons dit que nous n’allons pas participer aux élections locales tant qu’il n’y a pas une reforme au sein de l’ANE et de la Cour Constitutionnelle. Puisque nous ne voulons pas participer à une élection pour satisfaire les vœux d’un régime qui veut monter à la communauté internationale qu’il y ait la démocratie en RCA alors que les élections sont systématiquement truquées et que les résultats sont connus d’avance. 

Oubangui Médias : Lors d’un conclave organisé par des organisations et associations de soutien au Président Faustin Archange Touadéra, les responsables de ces organisations demandent au Chef de l’Etat de se présenter à l’élection présidentielle de 2025. Êtes-vous surpris de cette demande ?

Martin Ziguélé : Mais c’est les mêmes processus du changement de la Constitution, c’est toujours un groupuscule d’associations qui ne sont pas dans les registres du ministère de l’Administration du territoire qui se lèvent pour lancer un mot d’ordre au Président de la République. Donc, nous ne sommes pas surpris, d’ailleurs cela ne nous concerne pas. Nous l’avons déjà dit, sur le plan politique, nous ne reconnaissons pas la Constitution du 30 aout 2023. Pour nous, le Président Touadéra est à son deuxième et dernier mandat.

Oubangui Médias : Et si le Chef de l’Etat se représente, quelle sera la position du MLPC ?

Martin Ziguélé : La position du MLPC sera la position du peuple centrafricain.

Oubangui Médias : Et si le peuple valide sa participation ?

Martin Ziguélé : On avisera au moment opportun.

Oubangui Médias : Monsieur Martin Ziguélé Oubangui médias vous remercie !

Martin Ziguélé : C’est moi qui vous remercie.

Interview réalisée par Christian Stève SINGA